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vendredi, 18 mai 2012

L'Europe a besoin de davantage de crédit non bancaire

Le Cercle- Les Echos du 18/05/2012 par Nicolas Véron

La majorité des responsables publics français et européens continuent de considérer la finance à travers le prisme des banques traditionnelles, mais ils devraient impérativement élargir leur horizon.

commentaire :

Ce n’est pas parce que le crédit bancaire se fait difficile qu’il faut promouvoir les circuits de financement non bancaires !

Quand on aura marchéïsé très fortement les financements on aura :


-plus de volatilité et d’ampleur encore dans les chocs économiques et financiers – le modèle américain a ses limites en cas de généralisation,
- une très forte démutualisation des signatures des emprunteurs. Les PME et TPE qui n’ ont pas accès au marché dépendront de banques asséchées des bonnes signatures,
- une déformation des circuits de l’épargne au profit de produits de marché. Les épargnants supporteront directement les risques de défaillance et les risque de taux alors que l’épargne intermédiée bénéficie de la protection du nominal. Les effets de richesse seront redoutables.
- des banques centrales obligées d’intervenir sur les marchés dans des proportions encore beaucoup plus grande qu’aujourd’hui par des achats fermes avec des risques de monétisation considérables.


Le canal du crédit n’est pas sans défaut mais celui de la marchéïsation non plus. A égalité pour l’analyse du risque microéconomique. la maitrise du risque macro-économique est moindre quand les marchés assurent l’essentiel des financements et des risques. L’atomisation des risques, leur couverture et le succès apparemment durable anesthésient longtemps les acteurs et les observateurs …jusqu’au moment de leur réveil. Et là, c’est une déferlante face à laquelle on ne sait pas faire face.
Un petit exemple alors même que cela ne touchait qu’un seul pays. En Août 1982 le Mexique endetté de 100 milliards de dollars sous de crédits ne pouvait plus payer. Après plusieurs mois de négociation avec les banques et le FMI un plan de redressement a été établi. En 1994, à nouveau en grande difficulté, la BRI a dû mettre 50 milliards sur la table en 24 h pour sauver de l'effondrement complet les obligations mexicaines ! Même gravité des problèmes: délais extraordinairement différents.

mercredi, 16 mai 2012

Mieux protéger le consommateur

Le Cercle - Les Echos - le 16/05/2012 par Augustin Landier et David Thesmar

En agglomérant les micro-préjudices, l'action de groupe donne aux consommateurs la possibilité d'obtenir réparation sans avoir à s'occuper eux-mêmes des démarches.

mon commentaire :

Je partage complètement l'avis des auteurs.
Parmi les facteurs déterminants de l'efficacité dans une économie de marché on oublie trop souvent cette dimension de la protection du consommateur.
Or il n'y a pas, globalement parlant, d'offre véritablement de qualité s'il n' a pas en face une demande de qualité. Or celle-ci ne peut pas rester atomisée et donc sans défense réelle telle que des actions de groupe (encadrées comme le propose les auteurs).

La France souffre autant d'une insuffisance de qualité dans les produits et prestations offertes que d'une compétitivité prix qui s'est dégradée ces dernières années par rapport à ses principaux concurrents européens. Plus de qualité sur le marché domestique est autant d'atouts pour passer les frontières.

lundi, 14 mai 2012

L'Allemagne dit oui à la croissance

Le Cercle - les Echos du 14/05/2012 -   article de Wolfgang Schäuble -

Il y a peu de sujets aujourd'hui en Europe qui soient si activement débattus que celui de la croissance - à juste titre. L'emploi, la clef de la prospérité et de la sécurité auxquelles tout Français, tout Allemand et tout Européen aspire, ne peut exister sans croissance.

mon commentaire :


Le nombre de lecteurs de M. Schäuble en dit long sur les attentes françaises de ce que l’Allemagne décidera dans le " mix "rigueur/croissance. On ne peut que se féliciter de ses propos, même tardifs.

Il y en a en effet assez des tenants de l'austérité pour l'austérité, d'une part, comme il y en a assez de ceux qui demandent à la dépense publique de financer les investissements, d'autre part.

Il faut un projet européen dans les secteurs clés qui mobilisent également les banques et donc le crédit. Pour cela il faut aider les banques à accompagner des projets dans ces domaines. De tels projets, il y en a mais il manque des perspectives européennes claires et durables en la matière, comme manquent la confiance dans les politiques engagées et très souvent aussi le crédit tout particulièrement pour les PME. Pour faciliter ce dernier, le Conseil des Gouverneurs de la BCE a le pouvoir dès aujourd’hui - art. 18 et 20 des statuts de la BCE- sans avoir à changer les statuts de la BCE et rentrer dans des guerres théologiques entre nos deux pays!
Ce que la France a fait pour le crédit à l'exportation pendant les "trente glorieuses - via le refinancement privilégié de ces crédits auprès de la Banque de France-, la BCE doit le faire pour les économies d'énergies, les énergies renouvelables et la dépollution notamment.


cf. " La quote-part souhaitable de la BCE dans le pacte de croissance" -

Le Cercle- Les Echos du 26/04/2012

jeudi, 26 avril 2012

La quote-part souhaitable de la BCE dans le pacte de croissance

Le Cercle- Les Echos du 26/04/2012


Résumé :

 La BCE se prononce en faveur d’un pacte de croissance. Dont acte. Mais il lui faut être partie prenante. Elle doit aider les banques à financer les investissements assurant la transition énergétique et écologique par un accès privilégié à son refinancement. Cela comme ce fut le cas en France pour aider à la montée en puissance des exportations ; dispositif qui fut efficace.



La BCE vient de reconnaître par son Président que l’Europe devrait engager un pacte de croissance à côté des politiques de redressements budgétaires, ce qui est une réelle avancée. Mais elle ne peut s’arrêter là. Il lui faut être partie prenante. En effet, l’Europe ne s’en sortira pas par la seule discipline budgétaire et la nouvelle gouvernance décidées début mars par 25pays de l’Union sur 27. Une nouvelle politique monétaire est à inventer pour parfaire l’action engagée en matière de finances publiques et de gouvernance économique.

Certes les interventions non conventionnelles de la BCE de fin 2011 et début 2012 ont permis d’éviter le pire mais elles n’ont pas permis de soutenir l’offre et la demande de crédit.

Il lui faut donc mettre sur pied des incitations permettant d’associer les circuits financiers et plus spécialement celui du crédit aux efforts de redressement sévères engagés par ailleurs.

A ce titre, il lui faut faciliter le financement des investissements et tout spécialement  ceux qui desserreraient la contrainte énergétique de l'Europe. Investissements qui couvriraient les énergies renouvelables, les questions de pollution et participeraient à l'établissement d’infrastructures transeuropéennes dans les transports notamment. Pourquoi ceux-ci et pas d’autres ? Parce que, bien qu’également très souhaitables, ils sont beaucoup plus faciles à financer par le secteur privé avec des temps de retour sur investissement beaucoup plus court et généralement moins consommateurs de capitaux.

D’après différents travaux (ONU, Commission Européenne…) le montant de ces investissements contribuant à la réalisation de  la transition énergétique et écologique  porte annuellement sur de 2 à 3 % du PIB européen et ce pendant une décennie ou une décennie et demie. Un plan européen en la matière devrait prochainement en arrêter les grands principes et les enveloppes. La Commission de l’industrie, de la recherche et de l’énergie du Parlement européen vient déjà, le 28 février dernier, de voter une directive demandant de réduire de 20 % la consommation énergétique en Europe d’ici 2020. A partir de cette feuille de route européenne, chaque pays devrait déjà la décliner selon ses besoins propres et selon ses spécificités.

Comme les Etats ne peuvent plus soutenir financièrement ces investissements conséquents par des incitations fiscales fortes, on ne peut pas se contenter de la BEI (réticente et faisant monter les enchères) ni rêver les couvrir par à des projects bonds dont le principe n’est même pas acquis. Il faut impérativement y associer les banques et donc l’épargne et les capitaux privés. Cela est possible en  assurant  aux banques un accès au refinancement systématique auprès de la BCE pour les crédits finançant de tels projets. De plus, il faudrait que ce soit à un taux inférieur au taux de refinancement ordinaire, par exemple à seulement 66 % de celui qu’elle demande pour ses refinancements les plus longs. Il faut, en effet, au moins une telle incitation pour que les banques financent ces projets car il faut contrebalancer l'effet très fortement négatif des exigences nouvelles de liquidité et de renforcement de fonds propres demandés par Bâle III et, plus encore, imposés immédiatement ou presque par les marchés.

Ajoutons que quand les Etats sont impliqués dans des projets de ce type, seuls ou en partenariat avec le secteur privé, ils devraient pouvoir eux aussi accéder au refinancement de la BCE dans les mêmes conditions que le secteur bancaire intervenant dans ces opérations. Mais il ne faut peut-être pas trop en demander d’un coup!

Les banques centrales nationales de la zone euro s’assureraient par sondage, et a posteriori, qu'il s’agit bien de financements (privés ou associant public et privé) conformes aux orientations européennes précitées.

Mais quid de l'inflation, direz-vous, si la BCE facilite ces refinancements, voire se porte acquéreur de certains de ces crédits quand la situation conjoncturelle se dégrade ? Ce serait une création monétaire ( par les banques voire par la BCE si elles se refinancent auprès d’elle) qui serait vertueuse, car « causée » et « bien causée » comme disent les juristes ou les banquiers. Rien à voir avec les refinancements à l'aveugle pratiqués par les banques centrales depuis que les politiques de type monétaristes l'ont emporté au début des années 80 et qui permettent le refinancement de toutes les spéculations et dérives.

Même nos amis Allemands devraient y être favorables. Ce serait en effet renouer très modestement avec la pratique du réescompte abandonnée par l'Allemagne, contre son gré, lors de l'instauration de l'euro.

Il est dommage que le 29 février, dans sa dernière intervention de refinancement à 3 ans,  la BCE n’ait pas  introduit  un accès de refinancement préférentiel pour des crédits nouveaux de ce type  au lieu de refinancer à l'aveugle des systèmes bancaires et de voir ces derniers, faute de projets, replacer l’essentiel tous les soirs auprès de l’Eurosystème. Et à tout le moins, il est dommage qu’elle n’ait pas dessiné un plan de sortie de ce type.

En effet,  comment les banques vont-elles pouvoir rembourser à l’horizon de 3 ans les 1.000 milliards empruntés à la BCE en décembre et février sans peser sur l’offre de crédits longs au fur et à mesure que les échéances se rapprochent ?  Jürgen Stark, ancien membre du Directoire de la BCE, n’est pas le seul à s’en inquiéter.  Ma proposition, offre un début de sortie ordonnée de cet état de fait et prend donc tout son sens dans cette perspective.

                                                                                        **

La BCE doit avoir une contribution active, dans le domaine qui est le sien, à savoir notamment le refinancement des banques,  au-delà  d’une déclaration qui invite tout le monde à agir sauf elle, alors que le bon fonctionnement du secteur bancaire est de son ressort aux côtés des autorités prudentielles.

vendredi, 20 avril 2012

Une solution à la crise : payer les salaires en dette

Article de Jacques Delpla - le Cercle-les Echos du 18 avril 2012

Je suggère ici, pour l'Europe du Sud, de payer une partie des salaires et retraites en dette. La crise de la zone euro est d'abord une crise de graves déficits de balance des paiements de l'Europe du Sud par rapport au Nord, avec des écarts de compétitivité d'environ 10 % pour la France et l'Italie, 20 % pour l'Espagne, de 30 % à 35 % pour la Grèce et pour le Portugal.


 

mon commentaire :

J’aimerai que l’auteur aille jusqu’au bout de sa démonstration.

Qu’il nous explique notamment  l’impact de sa proposition sur la consommation et sur l’épargne. Entre les salariés qui sont contraints de consommer la quasi-totalité de leurs salaires et ceux qui, plus aisés, épargnent une part notable de leurs salaires, que deviendraient le niveau de l’activité, la capacité à  financer les investissements ; que deviendrait la  collecte de l’assurance-vie, celle des banques, des SICAV, alors que leurs capacités d’épargne sera en tout ou partie employée en la dette qui leur a été affectée d’office.

 

Pour faire bonne mesure, ces revenus  payés en dettes seraient-ils soumis  aux charges sociales et/ou imposables à l’IR ou serait-ce une perte sèche supplémentaire pour les organismes sociaux et l’Etat ?

 

Sauf à n’avoir rien compris,  ce qui est possible, voilà autant de questions essentielles qui paraissent devoir appeler des réponses claires.

Et pourquoi s’arrêter aux seuls salaires ? Et les honoraires des professions libérales et les revenus des entrepreneurs individuels ? Pourquoi les dispenser d’entrer dans «  cette grande base électorale favorable à la réduction crédible  des déficits publics » ?   

Enfin pour aggraver mon cas,  je propose d’étendre cette mesure aux actionnaires en substituant cette allocation de dette à leurs dividendes. On associerait enfin le capital et le travail à ce grand  effort  national  de désendettement… au bénéfice des prêteurs actuels – nationaux et étrangers, institutionnels et individuels -  trop heureux de voir leurs risques transférés aux nationaux  salariés.

 

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