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vendredi, 20 mars 2020

Coronavirus : l'inadmissible sous-emploi des cliniques

" Nous avons dix lits armés, avec des respirateurs, des anesthésistes-réanimateurs des infirmières de réanimation.
Ils sont prêts depuis vendredi mais ils sont vides car on ne nous a pas envoyé de malades, ce que je n'explique pas"
Christian Matrat - Directeur Général de la Fondation Saint Vincent à Strasbourg.

Il faut absolument lire cet article des Echos d'où est extrait cette déclaration :

 http://lirelactu.fr/source/les-echos/915b3e3d-998a-4181-864c-3a890670d476  


Par ailleurs l'article du Parisien du 15 juin 2019 faisait pourtant déjà le point sur les capacités d'accueil en urgences des cliniques. Cela ne pouvait pas être ignoré de qui de droit.

http://www.leparisien.fr/economie/urgences-sante-n-hesitez-pas-a-vous-rendre-dans-une-clinique-15-06-2019-8093739.php  

il y est notamment indiqué : (...)
Il y a d'abord le problème du « 15 », ce numéro d'appel unique que les patients contactent en cas de soucis de santé pour être conseillés et renvoyés éventuellement vers un service. « C'est historique : le 15 renvoie presque toujours sur l'hôpital », regrette le président de la FHP.

Pendant ce temps là on a mobilisé un Airbus de l'armée pour transféré 6 malades de Mulhouse vers les hôpitaux militaires de Toulon et de Marseille !!! et des gens meurent .

Tout cela est révulsant  

mercredi, 18 mars 2020

Propositions pour une large diffusion des attestations de déplacement obligatoires



Bon nombre de personnes ne peuvent même pas disposer du formulaire de l'attestation de déplacement, dont notamment toutes celles qui n'ont pas d'ordinateur, pas d'imprimante ou une imprimante dont une ou plusieurs cartouches d'encre sont épuisées (cela arrive...!) et qu'on ne peut pas renouveler dans un court laps de temps !

Pourquoi ne pas demander aux journaux nationaux et régionaux de publier chaque jour ce formulaire dans un encadré sur une page par exemple ? Pour ceux qui ne lisent pas la presse - pour différentes raisons qu'on n'explicitera pas ici - pourquoi ne pas mobiliser toutes les grandes surfaces qui inondent nos boîtes aux lettres pour ajouter 2 ou 3 formulaires dans leur pub? Sur la base du volontariat pour commencer ... Idem pour la Poste qui pourrait mettre un ou deux exemplaires de ce document dans nos boîtes à chaque fois que nous avons un courrier.

Il vaut mieux une redondance - par ailleurs sur support recyclable ! - qu'un manque cruel d'attestations qui nuira au le bon fonctionnement d'une disposition par ailleurs totalement justifiée.  

mardi, 17 mars 2020

Coronavirus : les pharmaciens peuvent renouveler les traitements chroniques malgré l'expiration des ordonnances



Les pharmacies peuvent renouveler les ordonnances expirées jusqu'au 31 mai
suite à un décret publié au Journal officiel le 15 mars :

  
Donc si vous avez un rendez-vous prochainement uniquement pour renouveler
un traitement vous pouvez l'annuler.

Dommage que les médias ne fassent pas davantage connaître cette mesure
alors qu'elle concerne des centaines de milliers de personnes et qu'elle pourrait
leur éviter de s'inquiéter (comme moi) et d'encombrer inutilement
les secrétariats médicaux .

lundi, 27 janvier 2020

La BCE et la transition énergétique et climatique

Dossier : Les politiques monétaires des banques centrales, , par Michel Castel

publié dans la Revue  Les Possibles éditée à l’initiative du Conseil scientifique d’Attac


Comme il est confortable pour la Banque centrale européenne (BCE) de dire qu’elle a tout fait pour le sauvetage de l’euro et des économies de la zone et qu’il appartient maintenant aux États qui le peuvent de participer à la relance de l’investissement, sans oublier son leitmotiv des nécessaires réformes structurelles. Comme il est également confortable pour de nombreux politiques de dire, depuis peu, qu’on peut mobiliser 1000 Mds € d’investissements publics qui seraient réalisés par l’entremise de la Banque européenne d’investissement (BEI). En réalité, faire face aux gigantesques défis énergétiques, climatiques et environnementaux toujours plus menaçants implique de mobiliser fortement des financements privés parallèlement aux financements publics. Mobilisation économique et financière de même nature que celle que les États et tous les acteurs économiques ont su (ont dû) le faire lors des deux guerres mondiales, car c’est bien une guerre contre une mise en péril de l’humanité qui doit être engagée...



dimanche, 8 décembre 2019

Surveiller l'emploi de son épargne déposée auprès de sa banque



Surveiller l'emploi de son épargne par sa banque vers des financements verts est une belle idée, mais très difficilement réalisable. Agissons d'abord pour que la régulation des intermédiaires financiers flèchent leur fonds vers des financements verts. Après les épargnants pourront disposer d'informations décantées et fiables pour éventuellement réagir.

                                                                                   *

Dans une chronique des Echos du 6 décembre intitulée " Que font les banques de votre argent? " Jacques Attali pose une bonne question.

En synthèse son article dit que " si on veut que les enjeux du climat soient vraiment pris en compte, il faudrait surveiller de près l'usage que les banques font de notre épargne". Oui, très bien. On ne peut qu'applaudir.

Mais premier point, concrètement, comment voulez-vous que les épargnants puissent évaluer l'emploi de leurs épargne dans l'ensemble des circuits financiers puisque le chaînage est total entre banques, assurances, shadow banking (par les allers et retours incessants entre eux de financements, de couvertures ou de prises de risques....). Toutes ces opérations entre intermédiaires financiers peuvent changer à tout moment l'affectation d'une part considérable des fonds, par exemple en les passant du productif au spéculatif et inversement.

Deuxième point, il a fallu des mois de travaux d'experts pour établir une taxonomie (labellisation) des financements verts versus les bruns en vue de les traiter sur le plan prudentiel par les autorités bancaires. Et le résultat en est tout sauf simple... plus de 67 critères d'éligibilité dans sept grands secteurs sans même parler des désaccords entre Etats membres sur le nucléaire et sur le gaz pour leur classement et se concluant le 5 décembre par un compromis passant par la création de deux catégories intermédiaires pour ne pas tout bloquer... Pour que ces labellisations jouent effectivement dans le dispositif des normes prudentielles à respecter il faut que ces financements restent dans le bilan des banques. En dehors du champ du prudentiel et donc des banques, il faut que cette taxonomie s'applique aussi aux portefeuilles des assurances et autres fonds d'investissements pour qu'elle permette aux analystes, aux agences d'évaluation et aux opérateurs sur les marchés d'évaluer sur des bases objectives la nature verte ou non des produits financiers échangés sur les marchés. De ce point de vue les marchés ont depuis quelques années enrichi leur nomenclature pour fiabiliser les produits négociés et éviter ( à tout le moins réduire) le greewashing.

Autre point épineux pour l'épargnant souhaitant savoir ce que sa banque fait de son argent : que faire des stocks de crédits énormes actuels qui ne peuvent diminuer que très lentement et qui sont beaucoup plus bruns que verts dans cette appréciation ? On ne peut rayer d'un trait de plume les opérations en cours. Va t-on seulement regarder les financements nouveaux qui resteront longtemps faibles pour évaluer le comportement global de son intermédiaire financier ? Et se poser une question semblable pour savoir parmi de nombreuses banques quelle est celle qui serait la moins discutable ?

Certes notre épargnant peut toujours acheter quelques produits dûment labellisés verts ou respectant un développement durable et social mais cela ne peut pas être l'emploi de toute son épargne y compris celle qui doit être immédiatement (ou presque) disponible.

Au total pour l'épargnant vouloir faire une surveillance attentive et régulière de l'emploi de son épargne serait de un beau casse tête en l'état actuel de la réglementation et des informations disponibles.

Alors aidons d'abord à ce que la régulation change par la pression des agents économiques sur tous les décideurs. Que ceux-ci définissent une architecture robuste et fiable à partir de laquelle les comportements individuels pourront éventuellement changer au vu de rapports, d'annexes détaillées et des prospectus que doivent publier, selon les cas, les émetteurs de dettes et les professionnels de la finance. Alors les choses pourront évoluer rapidement; sinon cela restera au niveau de l'incantatoire.  

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