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mardi, 17 mars 2020

Coronavirus : les pharmaciens peuvent renouveler les traitements chroniques malgré l'expiration des ordonnances



Les pharmacies peuvent renouveler les ordonnances expirées jusqu'au 31 mai
suite à un décret publié au Journal officiel le 15 mars :

  
Donc si vous avez un rendez-vous prochainement uniquement pour renouveler
un traitement vous pouvez l'annuler.

Dommage que les médias ne fassent pas davantage connaître cette mesure
alors qu'elle concerne des centaines de milliers de personnes et qu'elle pourrait
leur éviter de s'inquiéter (comme moi) et d'encombrer inutilement
les secrétariats médicaux .

lundi, 27 janvier 2020

La BCE et la transition énergétique et climatique

Dossier : Les politiques monétaires des banques centrales, , par Michel Castel

publié dans la Revue  Les Possibles éditée à l’initiative du Conseil scientifique d’Attac


Comme il est confortable pour la Banque centrale européenne (BCE) de dire qu’elle a tout fait pour le sauvetage de l’euro et des économies de la zone et qu’il appartient maintenant aux États qui le peuvent de participer à la relance de l’investissement, sans oublier son leitmotiv des nécessaires réformes structurelles. Comme il est également confortable pour de nombreux politiques de dire, depuis peu, qu’on peut mobiliser 1000 Mds € d’investissements publics qui seraient réalisés par l’entremise de la Banque européenne d’investissement (BEI). En réalité, faire face aux gigantesques défis énergétiques, climatiques et environnementaux toujours plus menaçants implique de mobiliser fortement des financements privés parallèlement aux financements publics. Mobilisation économique et financière de même nature que celle que les États et tous les acteurs économiques ont su (ont dû) le faire lors des deux guerres mondiales, car c’est bien une guerre contre une mise en péril de l’humanité qui doit être engagée...



dimanche, 8 décembre 2019

Surveiller l'emploi de son épargne déposée auprès de sa banque



Surveiller l'emploi de son épargne par sa banque vers des financements verts est une belle idée, mais très difficilement réalisable. Agissons d'abord pour que la régulation des intermédiaires financiers flèchent leur fonds vers des financements verts. Après les épargnants pourront disposer d'informations décantées et fiables pour éventuellement réagir.

                                                                                   *

Dans une chronique des Echos du 6 décembre intitulée " Que font les banques de votre argent? " Jacques Attali pose une bonne question.

En synthèse son article dit que " si on veut que les enjeux du climat soient vraiment pris en compte, il faudrait surveiller de près l'usage que les banques font de notre épargne". Oui, très bien. On ne peut qu'applaudir.

Mais premier point, concrètement, comment voulez-vous que les épargnants puissent évaluer l'emploi de leurs épargne dans l'ensemble des circuits financiers puisque le chaînage est total entre banques, assurances, shadow banking (par les allers et retours incessants entre eux de financements, de couvertures ou de prises de risques....). Toutes ces opérations entre intermédiaires financiers peuvent changer à tout moment l'affectation d'une part considérable des fonds, par exemple en les passant du productif au spéculatif et inversement.

Deuxième point, il a fallu des mois de travaux d'experts pour établir une taxonomie (labellisation) des financements verts versus les bruns en vue de les traiter sur le plan prudentiel par les autorités bancaires. Et le résultat en est tout sauf simple... plus de 67 critères d'éligibilité dans sept grands secteurs sans même parler des désaccords entre Etats membres sur le nucléaire et sur le gaz pour leur classement et se concluant le 5 décembre par un compromis passant par la création de deux catégories intermédiaires pour ne pas tout bloquer... Pour que ces labellisations jouent effectivement dans le dispositif des normes prudentielles à respecter il faut que ces financements restent dans le bilan des banques. En dehors du champ du prudentiel et donc des banques, il faut que cette taxonomie s'applique aussi aux portefeuilles des assurances et autres fonds d'investissements pour qu'elle permette aux analystes, aux agences d'évaluation et aux opérateurs sur les marchés d'évaluer sur des bases objectives la nature verte ou non des produits financiers échangés sur les marchés. De ce point de vue les marchés ont depuis quelques années enrichi leur nomenclature pour fiabiliser les produits négociés et éviter ( à tout le moins réduire) le greewashing.

Autre point épineux pour l'épargnant souhaitant savoir ce que sa banque fait de son argent : que faire des stocks de crédits énormes actuels qui ne peuvent diminuer que très lentement et qui sont beaucoup plus bruns que verts dans cette appréciation ? On ne peut rayer d'un trait de plume les opérations en cours. Va t-on seulement regarder les financements nouveaux qui resteront longtemps faibles pour évaluer le comportement global de son intermédiaire financier ? Et se poser une question semblable pour savoir parmi de nombreuses banques quelle est celle qui serait la moins discutable ?

Certes notre épargnant peut toujours acheter quelques produits dûment labellisés verts ou respectant un développement durable et social mais cela ne peut pas être l'emploi de toute son épargne y compris celle qui doit être immédiatement (ou presque) disponible.

Au total pour l'épargnant vouloir faire une surveillance attentive et régulière de l'emploi de son épargne serait de un beau casse tête en l'état actuel de la réglementation et des informations disponibles.

Alors aidons d'abord à ce que la régulation change par la pression des agents économiques sur tous les décideurs. Que ceux-ci définissent une architecture robuste et fiable à partir de laquelle les comportements individuels pourront éventuellement changer au vu de rapports, d'annexes détaillées et des prospectus que doivent publier, selon les cas, les émetteurs de dettes et les professionnels de la finance. Alors les choses pourront évoluer rapidement; sinon cela restera au niveau de l'incantatoire.  

dimanche, 22 septembre 2019

En finir une fois pour toutes avec la planche à billets

Point de vue dans les Echos du 20/09/2019  et dans le Cercle-Les Echos de Philippe Simonnot  (ancien professeur d'économie du droit à l'Université de Pars X et auteur de " Nouvelles leçons d'économie contemporaine" aux Editions Gallimard)

" La révision à la baisse des objectifs d'inflation des banques centrales, préconisée dans ces colonnes par Jacques de Larosière, est insuffisante. C'est à la disparition même de ces objectifs qu'il faut s'atteler " explique Philippe Simonnot


mon commentaire :

Il ne faut pas oublier que le chiffre de 2 % a été avancé les premières fois à un moment où il s'agissait toujours de combattre une inflation significative et permanente. Un combat qui paraissait loin de pouvoir être gagné. Aussi un 2% paraissait-il être un objectif très ambitieux mais néanmoins raisonnable pour à la fois éviter une déflation toujours très difficile à combattre (et très dangereuse économiquement et socialement) et pour maintenir une certaine fluidité dans les comportements économiques tout en pouvant jouer, au moins un temps, sur l'illusion monétaire donnant un peu de marges de manoeuvre aux politiques de taux. 


On n'est absolument plus dans cet environnement et les 2 % ne doivent pas être le point d'ancrage de la politique monétaire comme il l'est encore trop actuellement à la BCE. Surtout si celle-ci ne s'en sert pas du tout pour impulser un soutien - par le refinancement-  aux investissements verts qui pourraient être certes source d'une petite inflation, mais d'une inflation vertueuse car participant au sauvetage de la planète.

vendredi, 6 septembre 2019

Madame Lagarde dit vouloir mettre la BCE au vert

Publié sur Linkedin le 6 septembre 2019


« Le changement climatique doit être intégré au sein des objectifs de la BCE »  délaré Madame Lagarde devant le Parlement Européen le 4 septembre 2019.


Ce que Mario Draghi, malgré sa politique monétaire disruptive, n'aura pas su - ou voulu - faire, à savoir engager résolument la BCE à aider au développement des financements verts, son successeur, Madame Christine Lagarde, a dit vouloir le faire lors de son audition devant le Parlement Européen ce mercredi 4 septembre.
« Le changement climatique doit être intégré au sein des objectifs de la BCE », a-t-elle déclaré, précisant qu'à ce stade qu'il ne peut s'agir que d'une position personnelle. « La stabilité des prix reste l'ancrage absolu de la BCE, son objectif premier. L'environnement peut faire partie des objectifs secondaires », a-t-elle déclaré, en référence à l'article 127 des traités sur les prérogatives de la BCE (référence toujours écartée jusqu'à présent par les responsables de la BCE, Benoît Coeuré excepté il y a quelques mois).
 Elle précise qu'Il faut déterminer ce qui est green et ce qui ne l'est pas. Si la taxonomie (la définition) des actifs verts est adoptée, elle se superposera au principe de "neutralité de marché" (c'est-à-dire de non orientation, de non intervention dans les choix de financements opérés par les différents acteurs économiques).  
Elle a également évoqué la prise en compte des actifs verts dans la pondération des risques utilisée dans la détermination des ratios de capitaux des banques comme le proposent la Commission sortante et les banques françaises notamment avec le concept de « green supporting factor ».
 Pour revenir, et se limiter à la politique de refinancement, tout est prêt conceptuellement pour que le pourtour de ce qui relève de la notion de financements verts soit arrêté. Il reste la volonté politique et institutionnelle de bien vouloir commencer à lui donner corps, ce que le marché des green bonds a déjà largement fait sur des bases privées, même s'il reste quelques ambiguïtés sur certaines opérations un peu anciennes ou un encore un peu floues.
C'est le moment donc d'enfin réemployer les tombées des obligations acquises avant janvier 2019 dans le cadre des politique de quantitative easing (QE) dans des obligations et autres titres de créances négociables vertes, ce qui n'a pas été fait, la BCE continuant de refinancer Etats, banques et grandes entreprises à l'aveugle, y compris pour des concours carbonés.
Il n'es pas concevable qu'une possible réactivation de cette politique de QE continue cette fausse neutralité régulièrement mise en avant pour ne pas faire ce ciblage. Pas plus que ce n'est concevable de lancer, peut-être très prochainement, de nouveaux prêts bancaires à long terme (TLTRO); annonce de la BCE du 4 avril 2019 qu'elle lancerait ces nouveaux prêts en septembre prochain.
Certes, la montée en puissance de ces refinancements verts ne pourra être que progressive. Mais s'ils pouvaient être ouverts à de portefeuilles de crédits bancaires verts non titrisés, mis en place par exemple depuis janvier de cette année, le champ en serait considérablement élargi à des financements de petits montants du secteur privé tout aussi importants et efficaces que les grosses opérations d'investissement (via la BEI notamment) pour diffuser aussi vite que possible les économies d'énergie, le financement des énergies renouvelables, le traitement de la pollution, des déchets, la conversion des agriculteurs à une agriculture biologique...
Pour booster l'offre de ces crédits, la BCE devrait non seulement ne pas augmenter à due concurrence - à l'euro, l'euro- les réserves à taux négatifs demandés aux banques sur les dépôts ( ce qui est évoqué comme une prochaine mesure possible)- mais, au contraire, les supprimer complètement. Ces crédits verts trouveraient ainsi un attrait pour les banques qui seraient alors bien davantage disposées à en faire offre auprès de leurs clientèles.  


  PS : des éléments beaucoup plus précis sur toute cette problématique peut être retrouvés sur ce site dans mon article " Refinancements BCE: une formidable opportunité pour financer le transition énergétique et climatique " du 17 octobre 2018

https://www.linkedin.com/pulse/les-refinancements-bce-une-formidable-opportunit%C3%A9-pour-michel-castel/

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Article également publié le 24 septembre  sur Le Cercle-Les Echos sous le titre 

" Comment mettre la BCE au vert  "

LE CERCLE - Christine Lagarde veut intégrer le changement climatique au sein des objectifs de la Banque centrale européenne. Dans un texte, Michel Castel imagine comment l'institution monétaire pourrait booster l'offre de crédits verts.


Vous pouvez le consulter sur https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle

 

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