MichelCastel.com

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi, 2 mai 2011

la présente course aux dépôts bancaires est-elle si saine ?

par Léon Walblum  - Blog DFCG - 27/04/ 2011



Les futures règles Bâle 3 introduisent des coussins de liquidité plus épais que les régulations précédentes. Du coup, les banques sont à la recherche active de liquidités, et sous leur forme la plus immédiate pour une banque commerciale, à savoir les dépôts bancaires (...). Les réseaux bancaires se déchaînent en ce moment à qui vendra le plus de ces produits « de bilan », essentiellement sous forme de comptes à terme(...).

mon commentaire :

Soyons optimistes et espérons en effet une réactivité à temps des autorités quant à la dérive des produits d'épargne de bilan " boostés". Car il est effectivement plus que probable qu’on revivra ce qu'on a vécu avec les OPCVM. De classiques et bien tempérés, y compris pour les Sicav et FCP monétaires, on les a vu progressivement être boostés de produits censés améliorer leur rendement et donc leur attractivité avec les déconvenues – et c’est un euphémisme- que l’on sait.

Je suis persuadé qu'on va revivre des glissements de ce genre mais cette fois cela concernera des dépôts inscrits dans les bilans des banques et donc les engageant beaucoup plus encore que les produits financiers de hors bilan tout engageant par là même les fonds de garantie en cas de défaillance d’établissement(s) collecteur(s).

Outre l’annonce par les autorités qu’elles regarderont très attentivement ces dérives possibles au titre du pilier 2 de Bâle II ou de Bâle III, il faudrait que très tôt soit rappelé publiquement que la garantie des dépôts ne joue que pour autant que les rémunérations restent économiquement viables.

La directive européenne sur la garantie des dépôts de 94 modifiée en 2009 a en effet prévu qu’elle pouvait être transposée dans le droit des Etats avec la possibilité d'exclure les dépôts "pour lesquels le déposant a obtenu de la banque, à titre individuel, des taux et avantages financiers qui ont contribué à aggraver la situation financière de cette banque" (art. 7 paragraphe 2 renvoyant à l’annexe I article 15). Il faudrait que cette annonce soit faite par tous les pays de l’Union qui l’ont retenue puisque grâce au passeport européen une banque d’un pays donné peut opérer (par des succursales ou à distance en libre prestation de service) dans les autres pays sans cotiser au fonds de garantie du pays d’accueil. Les épargnants peuvent donc se retrouver avec une garantie des dépôts assez différente selon le pays d’origine de la banque européenne auprès de laquelle ils déposeront leurs fonds par l’éventuelle mise en jeu de cette clause mais aussi par le fait que les montants garantis ne sont pas encore complètement harmonisés au-delà du seuil de 100 000 € pour certaines opérations. Par ailleurs, rien n’empêche une banque d’un pays donné utilisant ledit passeport d’afficher des taux de rémunération bien supérieur à ce qui est pratiqué dans un pays d’accueil dès lors que le superviseur du pays d’origine estime qu’elle en a les moyens financiers. Il y a là un risque non négligeable d’enclencher une guerre des passifs puisque les autres banques du pays d’accueil essaieront de ne pas perdre de parts de marché, surtout dans les pays où l’offre bancaire européenne est déjà significative sur tel ou tel segment de clientèle ou sur tel ou tel produit d’épargne.

Cependant, fait très surprenant, la proposition de directive relative à la refonte des systèmes de garantie des dépôts du 12 juillet 2010 prévoit explicitement la suppression de cette faculté d’exclure les dépôts anormalement rémunérés ! Pourtant cette disposition a tout son sens pour éviter une concurrence qui peut devenir déloyale ou même très dangereuse.

A titre d’exemple, et a contrario, on le voit immédiatement lorsque l’on sait que l’'Islande, membre de l'Espace Economique Européen, n’avait pas pris cette mesure quand elle a transposé cette directive. Si elle l’avait fait, elle aurait été autrement mieux armée dans la négociation des sommes à rembourser aux épargnants et investisseurs anglais et hollandais … qui ne sont pas allés placer des fonds chez une banque islandaise, Icesave, pour ses « seuls beaux yeux » !
 
 

vendredi, 1 avril 2011

L'Irlande annonce une restructuration radicale des banques

L'Echo - 1er avril 2011

 
            La Banque centrale d'Irlande a publié les premiers résultats des tests de résistance menés sur les quatre grandes banques irlandaises. Le ministre irlandais des Finances Michael Noonan annonce que l'Etat irlandais injectera 17,5 milliards pour sauver les banques. L'Etat créera un système bancaire bicéphale à partir des quatre établissements restants.



        mon commentaire :

        Une interrogation : combien y aura t-il de banques vraiment en concurrence demain si les 4 plus grandes banques ne sont plus que deux ?

        La présence des banques étrangères et leurs parts de marché actuelles seront-elles suffisantes pour assurer une réelle concurrence pour le grand public et peut être plus encore pour les petites entreprises ?

Si ce n'est pas le cas les agents économiques risquent de payer deux fois les conséquences du sinistre actuel. Aujourd'hui pour le sauvetage du système bancaire, demain par des conditions d'accès au crédit et des conditions de banques -marges et commissions - sans doute moins favorables.

        * conurrence
        * Traitement des crises
        * Zone euro

samedi, 30 janvier 2010

2019 : quel paysage bancaire européen ?

Article cosigné avec Olivier Pastré,

publié par la Revue d'Economie Financière  dans un numéro intitulé " l'Euro en 2019 "-

janvier 2010 - Numéro 96

accéder à l'article complet (pour les abonnés du site AEF)

Résumé:

Après dix années d'existence de l'euro, le marché bancaire européen reste largement l'addition de 27 marchés nationaux malgré la levée des obstacles juridiques et réglementaires. En dehors des normes prudentielles et des normes comptables, la coordination de la supervision bancaire est encore limitée, d'où les préconisations du rapport de Larosière demandé par la Commission en octobre 2008.

Pour l'horizon 2019 un scénario "noir" et un scénario" rose" ont été esquissés pour essayer de balayer le champ des possibles, tant pour l'évolution des acteurs bancaires que de la régulation et des régulateurs.

Outre les mots clés affichés dans les "tags" il y est fait mention d' hypothèses concernant ntamment :

les prédateurs et les cibles, la directive sur les prises de contrôle transfrontières, la gouvernance économique européenne, un fonds de garantie européen.