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Tag - Financement des entreprises

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mardi, 20 novembre 2012

L'invraisemblable naïveté de l'Europe

Editorial de Nicolas Barré - Les Echos du 20/11/2012

 

Après la décision des USA de reporter l'application de Bâle III, ce qui se joue c'est l'avenir du financement de l'économie européenne.

mon commentaire :

Rappel de la synthèse d'un article paru dans le "Rapport moral sur l'argent dans le monde" 2010 et intitulé "Intermédiation bancaire et marchés : à la recherche de nouveaux repères"

   
Juste après la crise de 2008, beaucoup des prosélytes du marché des années 80 ont déclaré qu'on était allé trop vite et trop loin dans le basculement du crédit vers les marchés . Dans le même temps, sous l’impulsion du G.20, un nouveau cadre institutionnel (aux USA et dans l'UE) et prudentiel (Bâle III) se bâtissait pour renforcer la robustesse des banques . L’auteur constate néanmoins, à regret, que leur contenu n’empêchera pas le processus de désintermédiation de s’accélérer en Europe pour tendre vers le « modèle » américain.


L’intermédiation bancaire, n’ajoute pas la volatilité et l’instantanéité des marchés aux risques intrinsèques à tout financement et réduit les risques systémiques. Aussi il y propose quelques grands principes pour trouver un bon équilibre entre intermédiation et marché.

mercredi, 4 juillet 2012

Les limites du sur-mesure

Editorial des Echos du 04/07/2012 par François Vidal

Les dirigeants de société le vivent au quotidien, les chiffres du financement au premier semestre 2012 en attestent : le crédit aux entreprises est entré dans l'ère du sur mesure. La part du financement obligataire, c'est-à-dire celle assurée par les marchés, s'y développe rapidement aux dépens du crédit bancaire. En clair, le banquier cède progressivement sa place aux investisseurs.

mon commentaire :

D’accord avec l’analyse des risques, pas d’accord avec la conclusion. Ce n’est pas parce que le crédit bancaire se fait difficile qu’il faut promouvoir les marchés !

Quand tout sera marchéïsé, on aura :

-plus de volatilité et d’ampleur dans les chocs financiers et économiques,

- des épargnants qui supporteront directement les risques de défaillance et les risques de taux et de change,

- des banques centrales obligées d’intervenir, y compris sur les marchés, et ce beaucoup plus encore qu’aujourd’hui en cas de crise.

Le crédit n’est pas sans défaut, la marchéïsation non plus. Celle-ci anesthésie longtemps acteurs et observateurs …jusqu’à leur réveil. Et là, c’est une déferlante ingérable.

Regardons un exemple qui pourtant ne touchait qu'un pays. En Août 1982, le Mexique n'a plus pu payer les intérêts de ses crédits bancaires, on a eu le temps de faire avec les banques et le FMI un plan de redressement. A nouveau en crise en 1094, la BRI a dû mettre 50 Mds de dollars sur la table en 24 h pour sauver de l'effondrement complet les obligations mexicaines.

vendredi, 20 janvier 2012

Zone euro : la croissance revient à l'ordre du jour

La Tribune du 20/12/2012

Depuis le début de la crise de la dette, c'est le thème politique de la rigueur qui a dominé. Mais avec le risque de récession, la nécessité de prendre des mesures favorisant la croissance est en train de s'imposer dans le débat. Problème, seule l'Allemagne est à même d'engager une politique de relance.

Commentaire :

Pour éviter la récession et l?échec des plans de redressement il faut faciliter le financement des investissements et tout spécialement à ceux qui desserreraient la contrainte énergétique de toute l'Europe, traiteraient des questions de pollution et participeraient à l 'établissement d?infrastructures trans-européennes dans les transports notamment.

Les montants portent annuellement sur de 2 à 3 % du PIB européen et ce pendant une décennie ou une décennie et demie. Dans ce total, moins de 2 % selon différents rapports porteraient sur des investissements liés à la transition énergétique et écologique. Un plan européen en la matière devait en arrêter les grands principes et les enveloppes. Chaque pays après le déclinerait selon ses besoins propres et en fonction de ses spécificités.

Les Etats ne peuvent plus soutenir financièrement ces investissements conséquents par des incitations fiscales fortes. Il faut impérativement y associer les circuits financiers et plus spécialement celui du crédit. Pour faciliter ce dernier, il faudrait assurer un accès au refinancement systématique auprès de la BCE pour les crédits finançant de tels projets. De plus, il faudrait que ce soit à un taux inférieur au taux de refinancement ordinaire, par exemple à seulement 66 % de celui qu?elle demande pour ses refinancements les plus longs. Il faut au moins une telle incitation pour que les banques financent ces projets car il faut contrebalancer l'effet très fortement négatif des exigences nouvelles de liquidité et de renforcement de fonds propres demandés par Bâle III et, plus encore, imposés par les marchés.

Quand les Etats sont impliqués dans des projets de ce type, seuls ou en partenariat avec le secteur privé, ils devraient pouvoir eux aussi accéder au refinancement de la BCE dans les mêmes conditions que le secteur bancaire intervenant dans ces opérations. Les banques centrales nationales de la zone euro s?assureraient par exemple par sondage, et a posteriori, qu'il s?agit bien de financements conformes aux orientations européennes.  Et l'inflation, direz-vous, si la BCE facilite ces refinancements, voire se porte acquéreur de certains de ces crédits quand la situation conjoncturelle se dégrade ? Ce serait une création monétaire, par les banques voire par la BCE, qui serait vertueuse, car « causée » et « bien causée » comme disent les juristes ou les banquiers. Rien à voir avec les refinancements à l'aveugle pratiqués par les banques centrales depuis que les politiques de type monétaristes l'ont emporté au début des années 80 et qui permettent le refinancement de toutes les spéculations et dérives.

Même nos amis Allemands devraient y être favorables. Ce serait en effet renouer très modestement avec la pratique du réescompte abandonnée par l'Allemagne, contre son gré, lors de l'instauration de l'euro.

vendredi, 14 octobre 2011

Bruxelles se déclare prêt à prendre le risque d'un ralentissement du crédit

Les Echos- le 14/10/2011 d'après Anne Bauer à Bruxelles

mon commentaire :

« A Bruxelles après avoir longtemps hésité, conscient qu'un gros effort de capitalisation peut peser sur l'offre de crédit mais qu'il faut désormais tout faire pour restaurer la confiance des investisseurs le plus vite possible… »
Ce choix sans autre forme de procès est dramatique ; la confiance s’envolera presque aussi vite que les fonds propres seront constitués et il est sûr que l’offre de crédit aux pme sera fortement contrainte.


Il faut absolument cibler l’emploi de ces fonds propres sur le crédit sauf à renforcer un cercle vicieux de sous- activité. C’est pourquoi je propose deux pistes dans mon article du 13/10/2011 du Cercle –Les Echos  « Pour un emploi sélectif des fonds propres ou de garanties publics dans les banques européennes »   http://lecercle.lesechos.fr/economie-societe/politique-eco-conjoncture/politique-economique/221138755/emploi-selectif-fonds-prop

jeudi, 13 octobre 2011

Pour un emploi sélectif des fonds propres ou de garanties publics dans les banques européennes

Le Cercle - Les Echos - le 13/10/2011


 résumé :

Les Etats européens ne peuvent pas se contenter de soutenir financièrement les banques sans s'assurer que cela se traduira effectivement par un meilleur accès au crédit des PME. Il faut donc soit obliger les banques à allouer prudentiellement les fonds propres publics à l'octroi de crédits supplémentaires soit couvrir partiellement le surcroît de risque que ces crédits pourraient enclencher.


                                                                                    **

Ainsi la messe est dite : les banques européennes vont devoir renforcer leurs fonds propres. Compte tenu  de l’état de la bourse et de la discrétion des autorités bancaires à demander que ce soit les actionnaires (institutionnels)  privés qui fassent l’essentiel de cet effort,  ce sont les  Etats pourtant déjà surendettés qui devront le faire.


Au moins que cela serve à quelque chose !
En l’état actuel de la donne  économique et financière, un tel renforcement des fonds propres ne changera rien à la réticence de plus en plus grande des banques européennes à ne pas financer les entreprises indépendantes, tout particulièrement les toutes petites et les moyennes, et les professions libérales, à soutenir le capital-risque, à financer les crédits d’équipement,  à l’exportation …  
Or il n’y a pas d’issue  à la crise européenne s’il n’y a pas une offre suffisante de crédit et/ou de garanties des banques pour soutenir de l’activité économique et l’emploi du secteur privé et des entreprises publiques ou para-publiques .


Alors,  plutôt que de laisser les banques disposer librement de l’usage du renforcement de leurs fonds propres et de les voir continuer, presque comme avant, à intervenir sur les marchés, entretenant et la volatilité et les chances de plus-values mais aussi les risques de nouvelles pertes considérables sur ces produits à finalité économique souvent discutable ;  au lieu de les voir pratiquement contraintes à accorder des bonus mirobolants à leurs traders pour ne pas les perdre, pourquoi ne pas les obliger à allouer prudentiellement ce surcroît de fonds propres à l’octroi de crédits additionnels aux entreprises ? Les autorités prudentielles et le Comité de Stabilité financière, chacun dans le champ de ses missions,  en assureraient le contrôle de la  mise en place et une surveillance a posteriori. Les concours aux sociétés cotées et/ou ayant habituellement accès aux marchés de capitaux et donc peu dépendantes du crédit seraient exclues de l’assiette servant à déterminer cette allocation.
D’ailleurs plutôt que des fonds propres publics et le dispositif énoncé ci-dessus, puisque les banques ne manquent pas vraiment de fonds propres et que leurs ratios soient à 7 ou à 9%, dans moins d’un semestre je parie que les marchés recommenceront à émettre des doutes sur la qualité de leurs portefeuilles… et que tout sera à refaire, il serait plus judicieux que les tous les Etats européens  garantissent partiellement les risques additionnels de crédit que leurs banques prendraient sur les entreprises telles que cadrées ci-dessus.
Des risques seraient pris certes mais dans un processus  de création de valeur qui éviterait le cercle vicieux actuel : surendettement, plans de rigueur, stagnation voire récession économiques, surendettement  de moins en moins soutenable  à la sortie, sans parler des risques politiques et sociaux.
Pour éviter les effets d’aubaine il faudrait prendre une référence récente mais passée (fin septembre, par exemple)  des crédits distribués et conservés en bilan (et non couverts par des CDS). Par ailleurs, pour éviter  le risque d’une déresponsabilisation des banques et créer un processus irréversible de maintien à un niveau totale anormal les garanties publiques sur le risque « entreprises » à l’avenir, il ne faudrait pas que cette prise en charge publique du risque sur les crédits additionnels dépasse  60 % ; et ce sur tout l’espace européen, ou à tout le moins sur toute la zone euro.
Bien que répondant sans doute  mieux aux vrais besoins et des banques (pas besoins réels immédiats de fonds propres supplémentaires, pas de dilution des actionnaires par l’intervention en fonds propres des Etats)  et aux vrais besoins des entreprises (un accès au crédit facilité), cette dernière solution n’est pas dans l’air du temps et le discours politique au plus haut niveau s’est déjà prononcé pour les fonds propres.
On ne reviendra pas sur les annonces qui viennent d’être faites. Toutefois peut-on encore espérer qu’au lieu du « tout fonds propres » on en investisse un peu moins  et qu’on mette l’équivalent non investi dans la couverture de risques additionnels de crédits qui seraient effectivement distribués.


Du tout sécuritaire, les fonds propres (qui sont d’ailleurs une fausse sécurité) ne pourront-on pas prendre à peu près les mêmes risques mais en soutenant directement l’octroi de crédits et donc directement le tissu économique et social ? Dans le cas contraire, on se demande pourquoi ce qui s’est déjà passé après les interventions 2008 ne recommencerait pas.

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