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Tag - Plancher d effets publics

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jeudi, 10 novembre 2011

Les banques françaises se sont délestées de leurs dettes souveraines

Les Echos du 10/11/2011


mon commentaire :

Le 6 mai 2010 dans "Proposition pour remédier au risque pays dans la zone euro", j’écrivais dans Le Cercle - Les Echos:

« Consolider les dettes publiques européennes actuellement portées spontanément par les banques et assurances européennes par une obligation réglementaire à l'échelle européenne (comme Bâle 2) est indispensable si on veut maitriser la crise de la dette européenne actuelle et ses conséquences désastreuses pour les économies.(…)

C'est le seul moyen d'éviter une récession et un péril majeur pour l'euro; chocs qui mettraient vraiment en risque également toutes les créances privées européennes portées par les établissements bancaires et d'assurances européens. C'est le seul moyen d'éviter de déclassement en chaîne des signatures publiques obligeant des provisionnements qui vont être sans limites.(…).
Outre la mise en œuvre des plans de redressement arrêtés, il faut une mesure courageuse de ce type pour arrêter le cercle vicieux de fuite en avant."


Cela n'a pas été fait ; on en voit les conséquences.

jeudi, 23 juin 2011

Grèce : l'Europe convoque les banques

Le Figaro du 23 juin 2011 - article d' Isabelle Chaperon

En amont du sommet européen qui démarre ce soir, les négociations avec les créanciers d'Athènes ont débuté à Paris, Berlin, Amsterdam et Milan.

mon commentaire :

Si une telle convocation avait  été faite il y a deux ans, avant même l’enclenchement du cercle vicieux découlant des premières déclarations négatives des agences de notation sur la qualité de la signature de la Grèce et du Portugal notamment,on aurait évité le déclenchement du cercle vicieux dont on ne sait comment sortir.

Si à cette époque alors que les Etats s'endettaient pour sauver la mise de très nombreuses grandes banques on aurait pu instituer un plancher d’effets publics européens à conserver par les banques présentes dans la zone euro comme cela existait dans les années 60 en France notamment (cf mon article dans Le Cercle Les Echos -"Proposition pour remédier au risque pays dans la zone euro", reprise d’un article dans Euredia (2009/1) on .

j’en reprends ici les grandes lignes. "le seul moyen d'éviter la mise sur le marché de dizaines de milliards de dettes publiques ou d'avoir à provisionner une dette puis une autre, annihilant l'action des Etats, c'est que ceux-ci rendent provisoirement obligatoire le maintien à leur niveau actuel des encours de tous les titres publics de la zone euro détenus par tous les établissements de la zone. Si tels ou tels de ces titres sont fragilisés, les 16 agrégés restent parmi les meilleurs du monde.


Les bons résultats actuels des banques et assureurs, le renforcement de leurs fonds propres (depuis 2010)leur permettent de supporter le risque très virtuel portant sur les 16 (16 qui en outre ont prouvé leur solidarité en mai 2010 avec la création du Fonds de soutien de 750 Mds €).
Sinon banques et assurances auront à provisionner le maximum de dettes publiques mais aussi de dettes privées européennes (par effet de contagion)." Nous y sommes.

Quel gâchis d’agir ainsi, toujours trop tard. C'est dès janvier 2009 qu'il fallait caler un dispositif d'ensemble ».

lundi, 29 novembre 2010

Dublin bénéficiera d'un plan d'aide de 85 milliards d'euros

 Les Echos - 28/11/10  Alexandre Counis

mon commentaire :

Le 7 mai j’écrivais sur votre site:
"le seul moyen d'éviter la mise sur le marché de dizaines de milliards de dettes publiques ou d'avoir à provisionner une dette puis une autre, annihilant l'action des Etats, c'est que ceux-ci rendent provisoirement obligatoire le maintien à leur niveau actuel des encours de tous les titres publics de la zone euro détenus par tous les établissements de la zone. Si tels ou tels de ces titres sont fragilisés, les 16 agrégés restent parmi les meilleurs du monde.
Les bons résultats actuels des banques et assureurs, le renforcement de leurs fonds propres leur permettent de supporter le risque très virtuel portant sur les 16 (16 qui en outre viennent de prouver leur solidarité).
Sinon ils auront à provisionner le maximum de dettes publiques mais aussi de dettes privées européennes."

Nous y sommes. Quel gâchis d’agir ainsi, toujours trop tard.


C'est dès janvier 2009 qu'il fallait caler un dispositif d'ensemble. Cf; mon article dans Euredia (2009/1).

Voir également

Le Cercle Les Echos -"Proposition pour remédier au risque pays dans la zone euro"



lundi, 17 mai 2010

La dette publique n'est pas tout l'endettement

  Le Cercle- Les Echos - publié le 14/05/2010 -

résumé :

Pour un pays l'endettement intérieur total et le niveau de l'épargne nationale importent plus que la seule dette publique. L'envol de cet endettement total partout depuis 15 ans ne peut pas être résorbé en 3 ans et par la réduction de la seule dette publique. Il faut des mesures conservatoires pour maitriser à moyen terme ce désendettement.

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Pour un pays l'endettement intérieur total et le niveau de l'épargne nationale importent plus que la seule dette publique. L'envol de cet endettement total partout depuis 15 ans ne peut pas être résorbé en 3 ans et par la réduction de la seule dette publique. Il faut des mesures conservatoires pour maitriser à moyen terme ce désendettement.

A quand la dégradation généralisée des signatures  de presque tous les pays de l'OCDE  (Allemagne, Canada, Australie, Corée exceptés) ? A quand l’implosion de l’euro et une crise aussi grave que celle des années 30 ? On oserait presque dire tout cela seulement parce que  les dettes publiques s’envolent partout, et à ce titre la zone euro inquiète tout particulièrement, et ce suite à 3 ans de crise majeure partout sauf en Chine et dans quelques pays émergents. Pourtant il faudrait se rappeler quelques données de base.

Se focaliser uniquement sur les dettes publiques, c’est oublier ce qui compte vraiment pour mesurer l’endettement d’un pays, à savoir  le total de l'endettement de l'ensemble des agents économiques de ce pays et son évolution... alors qu’ observateurs,  analystes,  et marchés se focalisent presque uniquement sur la dette publique ; la dette brute de surcroît ! C'est aussi le fait de disposer ou non d'assez d'épargne nationale pour couvrir l'ensemble de ces besoins ne pas trop dépendre des capitaux étrangers. De ce point de vue des pays comme le Japon et la France se tiennent encore bien avec une épargne nationale abondante. On ne peut pas en dire autant des Etats-Unis ni du Royaume-Uni notamment.

Quelques chiffres donc d’endettement intérieur total pour quelques pays : à mi 2009, la dette totale du Japon était de 345% du PIB (!), celle du Royaume-Uni de 242%, celle des Etats-Unis de 234%, alors que celle de la France était de 192%, juste derrière l'Allemagne qui était à …190%.  Sur la période juin 2008/ juin 2009  suite à la crise, la dérive de l'endettement total a été de 11% du PIB pour l'Allemagne, de 13 % pour les Etats-Unis, de 17% pour la France et le Royaume-Uni, de 21% pour le Japon.Entre juin 2008 et juin 2009 ( les chiffres à fin 2009 ne sont pas publiés) dans la zone euro l'endettement total de tous les agents est passé de 197,5 % du PIB  à 214,4 % soit un alourdissement de 16, 9 points dont 10,1 points au titre des dettes publiques.
Au total les écarts se creusent, mais restent dans le domaine du gérable si des politiques responsables et coopératives sont engagées.

Au-delà de ces chiffres actuels, il est également important de rappeler qu’il y a 15 ans l’endettement total d’aucun pays ne dépassait 150% du PIB, et était de l’ordre de 100% pour la France et l’Allemagne. Qui s'est inquiété de cette dérive majeure au cours de cette période ? Les analystes, les agences ? Les marchés ? Les politiques ? Les régulateurs ? Le FMI ? Qui plus est, ces dettes sont devenues de plus en plus négociables sur les marchés avec des effets de levier se généralisant et aggravant ainsi la volatilité et les risques de contreparties ; le tout dans une déresponsabilisation largement applaudie si ce n’est orchestrée.

C’est ainsi que les dettes publiques sont  presque toutes entièrement négociées sur les marchés, alors qu’à peine la moitié l’était dans la plupart des pays il y a 15-20 ans. Il est plus qu’urgent de ne pas oublier ces deux données :

  • avoir une vision globale des endettements qui relativise sans le nier le poids des dettes publiques;
  • ne pas oublier qu’on ne peut pas inverser en 2 ou 3 ans 15 ans d’évolutions des endettements aussi majeures et aussi contraires à ce que tous les pays sont aujourd’hui obligés d’engager.
  • Il faudra faire du désendettement (mais jusqu’où ? les réflexions et travaux manquent cruellement  en la matière). Mais il faut le faire en  donnant du temps au temps, en stimulant les moyens d’une croissance durable pour en faciliter la réalisation. Dans l’attente, il faut desserrer les contraintes financières pour les dettes publiques de la zone euro.
  • Au-delà des décisions européennes du week-end  et en limitant au maximum les achats directs de ces dettes par la BCE pour ne pas nuire à la crédibilité de l’euro, il faudrait stabiliser les portefeuilles de titres publics européens détenus par les acteurs financiers européens (on ne peut rien pour les non-résidents) pour que les 750 milliards ne s’avèrent pas insuffisants dans les 3 ans à venir pour les pays de la zone euro (mais aussi possiblement pour le Royaume-Uni qui bien que n’ayant pas participé et n’étant pas dans la zone euro ne devrait pas être laissé à lui-même si on veut que l’Union Européenne n’apparaisse pas comme morte aux yeux de l’étranger). Il faudrait aussi relancer l’émission de bons du Trésor et d’obligations directement auprès des  ménages européens dont l’épargne est globalement très abondante, Voire si leur confiance est en partie  érodée comme en Grèce, passer par un emprunt  obligatoire. On a bien eu un impôt sécheresse… les enjeux sont d’une tout autre ampleur et les inconvénients politiques qu’il représenterait ne doit pas faire flancher les gouvernements.

samedi, 8 mai 2010

L'UE annonce un fonds pour défendre l'euro

Le Figaro 08/05/2010
     

     

Les chefs d'Etats réunis à Bruxelles vendredi annoncent la mise en place d'un «mécanisme de stabilisation» pour aider les pays en difficultés de la zone. Les détails sur le fonctionnement de ce fonds seront discutés lors d'une réunion de l'Ecofin dimanche.


mon commentaire :

La création de ce fonds est un grand progrès car il montre que nos dirigeants sont enfin conscients des risques de contagion que personne ne pourra arrêter si on ne l'arrête pas maintenant. Mais que ce fonds soit de 70 milliards ou de 100, cela ne permettra pas de juguler le mouvement de défiance et de spéculation actuels.

Déjà au lendemain de l'engagement de soutenir la Grèce les Ministres des Finances français et allemands ont invité leurs banques à ne pas de désengager des concours antérieurement faits à la Grèce. N'était-ce pas reconnaitre implicitement que leur action serait insuffisante si les investisseurs européens notamment se délestent des risques grecs ? Les grandes banques françaises ont dit s'y engager ainsi que certaines des grandes banques allemandes ainsi que deux grands assureurs. En fin de semaine les banques allemandes se sont engagées pour 8 milliards de dollars. On peut saluer ce geste et prendre note des engagements pris par certains... mais pas par tous, et surtout ces gestes et engagements ne visent que la seule dette grecque...

Toutefois on ne peut pas s'en contenter. La question est maintenant d'une toute autre ampleur puisqu'il vise potentiellement 3 à 4 pays de la zone euro (plus possiblement l'Angleterre) sans pouvoir dire jusqu'où ira la contagion. Il faut d'urgence prendre une décision au niveau européen (comme Bâle 1 et 2 sont des décisions à l'échelle européenne) pour empêcher tout désengagement des banques et assurances de la zone euro sur les dettes de l'ensemble des dettes publiques de cette zone. D'abord cette décision serait même de nature à aider les établissements à respecter leurs engagements puisqu'elle viserait tous les acteurs européens et éviterait ainsi les comportements non coopératifs de certains qui ont refusé ou qui ont bien évité de dire quoi que ce soit. C'est ensuite et essentiellement le seul moyen d'éviter une récession et un péril majeur pour l'euro. Ces deux chocs mettraient vraiment en risque également toutes les créances privées européennes portées par ces établissements bancaires et d'assurances européens sur la zone euro ! C'est le seul moyen d'éviter de déclassement en chaîne des signatures publiques obligeant de fil en aiguille des provisionements publics et privés tellement élevés- bien supérieurs à leurs fonds propres - que les banques et peut-être certaines sociétés d'assurances seraient mis en péril et tout le financement des économies avec. Heureusement, banques et assurances européennes ont rétabli leurs résultats ces derniers trimestres, ils ont même souvent augmentés leurs fonds propres et ainsi ont effacé l'essentiel des effets de la crise 2007-2009. Ils peuvent supporter sans dommage le risque résiduel et purement virtuel d'une défaillance quasi généralisées des dettes publiques européennes que cette mesure peut comporter ; risque de défaillance d'autant plus virtuel que depuis ce week-end les dirigeants de la zone euro ont enfin compris que sans une solidarité indéfectible leurs pays iraient tous à la déconfiture et à des situations économiques et sociales extrêmement dangereuses.

Il faut une mesure de ce type pour empêcher que des désengagements de quelques établissements financiers de la zone euro - d'autant plus qu'on ne maitrise pas les investisseurs et opérateurs hors zone - enclenche le chacun pour soi avec des cessions massives de titres publics de 2, 3,4 pays voire davantage dans les semaines qui viennent, nécessité faisant autrement loi que des promesses en matière de comportement. Face aux sommes colossales en cause, ni les Etats européens même aidés par le FMI, ni même le reste des marchés du monde ne sauront maîtriser ce maelström, quand bien même parmi ce reste du monde le Président américain nous assure de son soutien. On ne voit que trop qu'il ne maitrise pas Wall Street !! Les Ministres des Finances français et allemands ont esquissé le mouvement en demandant des gestes de bonne volonté à leurs banques : il faut aller plus loin...et vite .. la viabilité des décisions de ce week-end en dépend.

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