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Tag - Risques systémiques

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lundi, 14 janvier 2013

Le "shadow banking" ne saurait être l'avenir de la finance

Point de vue d'Olivier Babeau - Les Echos du 14/01/2013

Leur dimension de service public suffit à elle seule à justifier l'existence des banques . Un système désintermédié suscite un degré trop élevé de prise de risque.

mon commentaire :

Analyse partagée. Je l'ai écrit en réponse à Nicolas Véron qui écrivait " L'Europe a besoin de davantage de crédit non bancaire". Le Cercle- Les Echos du 18/05/2012

Quand on aura marchéïsé très fortement les financements on aura :

-plus de volatilité et d’ampleur encore dans les chocs économiques et financiers – le modèle américain a ses limites en cas de généralisation,
- une très forte démutualisation des signatures des emprunteurs. Les PME et TPE qui n’ ont pas accès au marché dépendront de banques asséchées des bonnes signatures,
- une déformation des circuits de l’épargne au profit de produits de marché. Les épargnants supporteront directement les risques de défaillance et les risque de taux alors que l’épargne intermédiée bénéficie de la protection du nominal. Les effets de richesse seront redoutables.
- des banques centrales obligées d’intervenir sur les marchés dans des proportions encore beaucoup plus grande qu’aujourd’hui par des achats fermes avec des risques de monétisation considérables.

Le canal du crédit n’est pas sans défaut mais celui de la marchéïsation non plus. A égalité pour l’analyse du risque microéconomique. la maitrise du risque macro-économique est moindre quand les marchés assurent l’essentiel des financements et des risques. L’atomisation des risques, leur couverture et le succès apparemment durable anesthésient longtemps les acteurs et les observateurs …jusqu’à leur réveil. Et là, c’est une déferlante face à laquelle on ne sait pas faire face.
Un exemple alors même que cela ne touchait qu’un seul pays. En Août 1982 le Mexique endetté de 100 milliards de dollars sous de crédits ne pouvait plus payer. Après plusieurs mois de négociation avec les banques et le FMI un plan de redressement a été établi. En 1994, à nouveau en grande difficulté, la BRI a dû mettre 50 milliards sur la table en 24 h pour sauver de l'effondrement complet les obligations mexicaines ! Même gravité des problèmes: délais extraordinairement différents.

mardi, 20 novembre 2012

L'invraisemblable naïveté de l'Europe

Editorial de Nicolas Barré - Les Echos du 20/11/2012

 

Après la décision des USA de reporter l'application de Bâle III, ce qui se joue c'est l'avenir du financement de l'économie européenne.

mon commentaire :

Rappel de la synthèse d'un article paru dans le "Rapport moral sur l'argent dans le monde" 2010 et intitulé "Intermédiation bancaire et marchés : à la recherche de nouveaux repères"

   
Juste après la crise de 2008, beaucoup des prosélytes du marché des années 80 ont déclaré qu'on était allé trop vite et trop loin dans le basculement du crédit vers les marchés . Dans le même temps, sous l’impulsion du G.20, un nouveau cadre institutionnel (aux USA et dans l'UE) et prudentiel (Bâle III) se bâtissait pour renforcer la robustesse des banques . L’auteur constate néanmoins, à regret, que leur contenu n’empêchera pas le processus de désintermédiation de s’accélérer en Europe pour tendre vers le « modèle » américain.


L’intermédiation bancaire, n’ajoute pas la volatilité et l’instantanéité des marchés aux risques intrinsèques à tout financement et réduit les risques systémiques. Aussi il y propose quelques grands principes pour trouver un bon équilibre entre intermédiation et marché.

mercredi, 4 juillet 2012

Les limites du sur-mesure

Editorial des Echos du 04/07/2012 par François Vidal

Les dirigeants de société le vivent au quotidien, les chiffres du financement au premier semestre 2012 en attestent : le crédit aux entreprises est entré dans l'ère du sur mesure. La part du financement obligataire, c'est-à-dire celle assurée par les marchés, s'y développe rapidement aux dépens du crédit bancaire. En clair, le banquier cède progressivement sa place aux investisseurs.

mon commentaire :

D’accord avec l’analyse des risques, pas d’accord avec la conclusion. Ce n’est pas parce que le crédit bancaire se fait difficile qu’il faut promouvoir les marchés !

Quand tout sera marchéïsé, on aura :

-plus de volatilité et d’ampleur dans les chocs financiers et économiques,

- des épargnants qui supporteront directement les risques de défaillance et les risques de taux et de change,

- des banques centrales obligées d’intervenir, y compris sur les marchés, et ce beaucoup plus encore qu’aujourd’hui en cas de crise.

Le crédit n’est pas sans défaut, la marchéïsation non plus. Celle-ci anesthésie longtemps acteurs et observateurs …jusqu’à leur réveil. Et là, c’est une déferlante ingérable.

Regardons un exemple qui pourtant ne touchait qu'un pays. En Août 1982, le Mexique n'a plus pu payer les intérêts de ses crédits bancaires, on a eu le temps de faire avec les banques et le FMI un plan de redressement. A nouveau en crise en 1094, la BRI a dû mettre 50 Mds de dollars sur la table en 24 h pour sauver de l'effondrement complet les obligations mexicaines.

vendredi, 29 juin 2012

Union bancaire : une chance à saisir, une nécessité à ne pas rater

Le Cercle- Les Echos du 26/06/2012- Hubert deVauplane

Le débat est maintenant largement lancé. Le sommet des 28 / 29 juin 2012 va-t-il donner l’impulsion politique nécessaire à la création d’une union bancaire européenne ? Rien n’est moins sûr .

mon commentaire:

L’Union bancaire : une chance et une nécessité nous dit l'auteur. Il a parfaitement raison. Il soulève de nombreuses questions essentielles auxquelles il conviendra de répondre pour que les déclarations soient réellement suivies d'effets. Tentons d'y apporter quelques réponses.


Il  ne s’agit pas de traiter les crises que peuvent connaître certaines des 8000 banques des 27 pays mais la vingtaine de groupes à dimension systémique. La défaillance d’établissements comme  Northern Rock  n’est pas hors des capacités de traitement d’un  pays, pas plus que les 7 ou 8 caisses d’épargne espagnoles ne l’étaient.

Le projet de la Commission prévoit d’octroyer à l’autorité de résolution des pouvoirs qui dérogent non seulement au droit commun, mais aussi au droit de la faillite est-il rappelé. D’ores et déjà en France le code monétaire donne des pouvoirs exorbitants du droit commun à l’ACP.  Aux USA, le FDIC a des pouvoirs encore beaucoup plus grand.

Pour la composition et le fonctionnement de cette autorité on pourrait  s’inspirer des meilleures autorités administratives indépendantes françaises. Qu’on se rappelle la belle indépendance que le CECEI  refusant le rapprochement des trois banques, la BNP, Paribas et Société Générale en août 1999.

Les fonds nécessaires pour assurer la continuité d’exploitation de ces banques pourraient provenir des fonds de garantie de dépôts mutualisés et de la taxe sur les transactions financières. Pour l’immédiat, le MES et le FMI pourraient les préfinancer. Le FMI serait ainsi associé à ces sauvetages au lieu de le voir prêter aux pays ... qui prêtent ensuite.
Enfin, pour éviter une grande partie de l’aléa moral, Il  faudrait  instituer un partage du fardeau entre le pays du siège social et l’Europe pour que cette dernière ne  couvre que tout ou partie  des besoins nés des risques pris sur les marchés et dans les autres pays de l’Union.  Il devrait se faire selon une pondération multi-critères (parts des risques résidents/ non-résidents, des marchés dans les risques et le produit net bancaire, sources des résultats, composition de l’actionnariat…).

 cf. « Qui devra payer pour les banques systémiques ? »  Le Cercle- Les Echos - le 22/09/2011

mardi, 20 décembre 2011

Pourquoi l'argent public devrait-il financer la banque d'investissement ?


Les Echos -20/12/2011 | - interview de  MARTIN WOLF, membre de la Commission VICKERS

mon commentaire :


Londres va couper ses banques en deux … en 2019 ! Et les contribuables seraient protégés des dérives spéculatives des groupes bancaires. J’aimerais voir.
Mais comment assurer le financement par le seul canal du crédit quand une partie croissante de l’épargne est en produits financiers et que grandes entreprises et Etats se financent par le marché ? Même les banques mutualistes ont énormément développé des activités de marché. Presque toutes les banques d'investissement sont passées sous le contrôle des banques commerciales. Le ver est donc bien dans le fruit !

Filialiser les activités de marché ne changerait rien à l'analyse que feraient les marchés d’un groupe bancaire comportant ces deux types d’activités puisqu'on reste avec un même actionnariat. Seul un actionnariat profondément différent pour chacune des parties après scission de la banque initiale serait une vraie protection. C’est une déconstruction largement improbable.

 Malgré vos propos rassurant sur les exigences mises en place pour les mouvements de capitaux intra-groupe, cette filialisation n’empêchera pas qu’un jour un tribunal décidera une extension du dépôt de bilan à tout le groupe en raison des liens d’affaires, de risques et résultats croisés, des allocation de fonds propres et d’une gouvernance commune notamment. Ou tout simplement suite à un appel aux actionnaires par les autorités bancaires pour renflouer la partie « marchés ». ceux-ci ne pourront plus soutenir la partie banque de détail qui essuiera quelque temps après les contrecoups de la crise économique qui suit toujours une crise financière. On peut faire confiance aux avocats d'affaire et aux créanciers institutionnels pour lancer des requêtes en ce sens.
Et les Etats devront soutenir la banque classique. Ainsi ils soutiendront de fait l'autre pan du groupe. On peut craindre que le contribuable soit encore longtemps actionné avant l’actionnaire !
 

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