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Tag - Traitement des crises

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mardi, 2 août 2011

HSBC annonce vouloir embaucher 15.000 personnes dans les pays émergents

 

Après avoir annoncé lundi la suppression de 30.000 emplois dans le monde, la plus importante banque européenne déclare ce mardi vouloir embaucher jusqu'à 15.000 personnes dans les pays émergents sur les trois prochaines années.

source : La Tribune du 02/08/2011

mon commentaire :

Il ne lui reste plus qu’à délocaliser son siège social à Hong-Kong ou Shanghai ! Sa cotation à Shanghai y est déjà prévue mais les conditions de marché ne seraient pas actuellement favorables.

 Selon des informations du Sunday Times en mars dernier, la banque laissait planer le doute sur un possible transfert de son siège social. Une mesure qui lui aurait permis de moins payer d’impôts en Grande Bretagne et notamment d’échapper à la nouvelle taxe sur les banques instaurée par le gouvernement britannique après la crise. Le président du groupe  a immédiatement démenti ces informations tout en disant qu'en dépit de son souhait profond de rester à Londres les actionnaires s'inquiètent effectivement de l'augmentation des couts liés au maintien du siège social dans la place qui demeure le principal centre de la finance mondiale.

La nouvelle stratégie pourrait remettre la question à l’ordre du jour  dans les prochaines années.

Ce serait assurément un coup dur pour les impôts perçu pour le gouvernement britannique et pour la place de Londres. Mais que dire si le cœur de l’activité fuit très vite vers les pays émergents alors que HSBC – exemple type de ces méga groupes bancaires trop gros pour qu’on  puisse les laisser défaillir- acculait le gouvernement britannique à le renflouer en cas de crise majeure, puisque c’est toujours le pays du siège social ?

Ne plus avoir le cœur du business et être amené à grossir la dette publique et éventuellement l’appel aux contribuables pour sauver ce groupe ferait  très vite problème au Royaume-Uni comme dans de très nombreux pays. Il faudrait d’ailleurs travailler sérieusement cette question.

En attendant, le transfert du siège de HSBC  vers la Chine renverrait la question de son sauvetage vers ce pays. Grand bien lui fasse comme groupe bancaire en tant que  personne morale, mais aussi grand bien soit fait à ses déposants et à ses actionnaires!  Ce dont on peut fortement douter, me semble t-il.

 

 

 

 

vendredi, 1 avril 2011

L'Irlande annonce une restructuration radicale des banques

L'Echo - 1er avril 2011

 
            La Banque centrale d'Irlande a publié les premiers résultats des tests de résistance menés sur les quatre grandes banques irlandaises. Le ministre irlandais des Finances Michael Noonan annonce que l'Etat irlandais injectera 17,5 milliards pour sauver les banques. L'Etat créera un système bancaire bicéphale à partir des quatre établissements restants.



        mon commentaire :

        Une interrogation : combien y aura t-il de banques vraiment en concurrence demain si les 4 plus grandes banques ne sont plus que deux ?

        La présence des banques étrangères et leurs parts de marché actuelles seront-elles suffisantes pour assurer une réelle concurrence pour le grand public et peut être plus encore pour les petites entreprises ?

Si ce n'est pas le cas les agents économiques risquent de payer deux fois les conséquences du sinistre actuel. Aujourd'hui pour le sauvetage du système bancaire, demain par des conditions d'accès au crédit et des conditions de banques -marges et commissions - sans doute moins favorables.

        * conurrence
        * Traitement des crises
        * Zone euro

dimanche, 21 novembre 2010

L’Allemagne victime ou bénéficiaire de l’euro ?


 

Blog des professions financières- DFCG - article du 18 /11/2010 par François MEUNIER

L’Allemagne aurait profité du mécanisme de l’euro, sans doute au détriment de certains de ses voisins (...). Pas du tout, répond Hans-Werner Sinn, président du réputé institut IFO dans le Monde du 28 octobre 2010 : « Non, l'Allemagne n'a pas été la grande bénéficiaire de l'euro ». L’Allemagne est plutôt la victime de ce mécanisme ! C’est elle qui a permis la prospérité passée des autres pays de la zone euro.(...)


 mon commentaire :

La conclusion est assez difficile à "avaler" même si elle est largement vraie.

Je dirai néanmoins amicalement à l'auteur qu'il aurait pu tirer une mesure de son propre diagnostic sur l'excédent des balances des paiements. Pourquoi ne pas dire ce qu'il dit mais dans la limite, essentielle, qui serait de tendre à contenir les excédents de balance de paiement à quelques pour cents du PIB d'un pays, ici l'Allemagne, mais aussi pour les autres pays membres de l'Union ?

Le Secrétaire d'état au Trésor américain a avancé récemment l'idée qu'au niveau mondial un pays dont l'excédent commercial dépasserait 4 % de son PIB devrait intervenir pour limiter des dérives non tenables entre les grandes zones économiques ou entre pays dans une zone comme l' U.E. Idée refusée par la Chine et l'Allemagne. Il faudra sans doute néanmoins y revenir, comme on est bien venu aux 3 % de déficits publics assez efficaces, quoi qu'on dise, jusqu'à la crise.

Cela obligerait à plus de convergence ... et éviterait à ces malheureux épargnants Allemands, ou autres, les affres de la crainte de pertes sur leurs placements dans les autres pays de l'Union dits périphériques!

lundi, 16 août 2010

Taxation des banques : la cacophonie


 Les Echos  - 16/08/10
FLORIN AFTALION EST PROFESSEUR ÉMÉRITE À L'ESSEC.

Taxer les banques : les propositions s'accumulent. Des décisions ont déjà été prises ici et là visant à imposer les bonus des dirigeants et des traders (de façon transitoire ou permanente). Mais il ne s'agit là que de préludes. D'autres mesures, d'un poids économique bien plus conséquent, sont en attente. Elles sont loin d'être convergentes.(...)
De ce désordre, il ressort qu'il n'existe ni raison convaincante de taxer les banques ni moyen persuasif de le faire. Mais, comme l'on a fait croire aux opinions publiques que les banques sont les seules coupables de la crise, les punir, peu importe comment, sera sûrement populaire. Même si les taxer va à l'encontre de l'intérêt général.

mon commentaire :

L’idée de taxation entraîne assez nécessairement la cacophonie, en effet. Mais au-delà on ne voit pas pourquoi le monde bancaire échapperait à l’obligation de chacun de s’assurer pour les risques que ses actes ou son activité peuvent comporter. Il n’y a que les Etats qui sont leurs propres assureurs.


Notamment, tous les intermédiaires et professions qui manipulent des fonds ou donnent des garanties doivent être assurés. La création de fonds de garantie bancaire - dont les primes seraient fonction des risques- aiderait fortement au traitement des établissements en difficulté. Ils donneraient aux superviseurs bancaires les moyens d’écarter totalement ou partiellement l’actionnariat défaillant en aidant à la reprise par un repreneur sans faire appel aux Etats. Cela rendrait vraiment efficace la menace de la faillite.

De nouveaux Lehman ne feraient plus peur. Responsabiliser vraiment les actionnaires par cette menace de faillite réduirait considérablement l'aléa moral actuel.

mercredi, 23 juin 2010

Que faire des dettes publiques dans la zone euro ?

Le Cercle Les Echos - 22/06/ 2010

Pour sauvegarder l'unité de la zone euro et redresser la situation de pays d'autant plus touchés par la crise qu'ils avaient déjà avant celle-ci une dette publique ou privée très forte, le FMI et les pays membres de la zone euro (plus deux) déploient soutiens financiers considérables et s'engagent tous dans des plans de rigueur conséquents. Cela suffira t-il ? Ne faudrait-il pas aussi engager une restructuration de la dette publique des pays dont la situation est la plus dégradée financièrement? Est-ce possible, est-ce souhaitable ?

"Europe : échange dette "bleue" et dettes "rouges" contre réformes". Sous ce titre, Jacques Delpla développait il y a quelque temps une proposition que l'on pourrait résumer schématiquement dans les termes suivants.

La crise actuelle de la zone euro est d’abord et avant tout une crise de compétitivité des pays périphériques, dont les prix, salaires et coûts ont augmenté beaucoup plus que leur productivité. Pour leur donner du temps et des chances de succès, l’auteur, Jacques Delpla, propose un échange de leur dette publique en dette senior (Bleue) et en dette junior (Rouge), sans paiement d’intérêt pendant 10 ans sous condition de réformes majeures. En contrepartie, les pays de l’UE (Allemagne et France surtout) accepteraient de garantir la dette Bleue des pays dits "périphériques". Les pays garants auraient un droit de veto sur les soldes budgétaires de ces pays tant que leur dette Bleue zéro coupon ne sera pas remboursée, ainsi qu’un droit de regard sur les réformes structurelles.

L’idée est séduisante, elle fait penser à un plan de redressement pour une entreprise en difficulté.

Dans de tels plans les créanciers doivent accepter des reports d’intérêt et/ou des réductions de taux, voire des réductions de dettes. Les dirigeants doivent parfois modifier une partie de l'actionnariat, mais toujours changer de politique, trouver de nouveaux débouchés et produits, réduire très fortement les coûts dont essentiellement les charges sociales par compression des salaires et allègement des effectifs suite à la recherche de gains de productivité et le fait que le chômage partiel ne suffit généralement pas à traiter les sur-effectifs et les reconversions qu’ils créent et que le temps de la conversion réussie est forcément long.

Sauf qu' ici il ne s’agit pas d’une seule entreprise (ici un seul Etat) mais de plusieurs (entreprises ou Etats) qui sont en difficulté et dont ne sait même pas si de nouvelles entités ne pourraient à leur tour le devenir assez rapidement ; les difficultés cantonnées à la périphérie du groupe se rapprochent dangereusement des entreprises (des Etats) qui en constituent le centre. Et ce groupe est en fait un conglomérat qui s’est constitué, assez classiquement comme la plupart des conglomérats, progressivement, au fil des évènements, des opportunités ou même des menaces. Un conglomérat très disparate aux échanges intra-groupes importants, aux positionnements vis-à-vis des marchés extérieurs très contrastés et dont finalement l’actionnariat ultime (les responsables) est (sont) incapable(s) d’avoir une politique s’imposant aux différentes baronnies (ici sûrement légitimes d’ailleurs) que constituent ces entreprises (Etats) qui au fil du temps se sont maintenues, voire se sont renforcées. Au point que devant les efforts énormes à consentir pour sauver le groupe, certaines entités les plus importantes et les plus solides et leurs dirigeants se demandent, ou pourraient se demander, si finalement il ne faudrait pas s’alléger de plusieurs de ces entreprises (Etats).

Le tout est à traiter de surcroît sans la présence d’un tribunal puissant pour aider à l’élaboration et à l’acceptation d’un plan de redressement ; un tribunal sous l’autorité duquel tous les créanciers seraient contraints d'accepter les plans d'apurement et de redressement élaborés en concertation avec la majorité des créanciers et validés par ce tribunal. On voit difficilement ce rôle joué par le FMI alors qu’il ne peut même pas le faire dans les pays en développement malgré une trentaine d’années d’interventions.

Comment espérer voir les sociétés périphériques se remuscler quand le cœur du groupe va réduire les achats de biens et services qu’il effectuait précédemment, que les autres clients (pays) habituels sont en train de réduire les leurs pour réduire leurs déficits publics et de balance commerciale? Et cela sans pouvoir baisser les prix à l’exportation (fixité de la monnaie, l’euro) et en supportant des prix augmentés à l’importation (suite à la baisse du pouvoir d’achat décrété –dévaluation interne-) et ce, d’ailleurs sur une assiette fortement élargie puisque portant aussi sur les importations intra-groupe (intra-européenne, c’est à dire par rapport aux pays du centre). La dévaluation interne décrétée ne peut se traduire que par une baisse très forte de la masse salariale (20 à 25 % ) et par des réductions d’effectifs qui, contrairement au secteur privé, dont la charge ne peut pas être reportée sur la collectivité, puisque dans le cas des Etats, ils sont cette collectivité ! Les dettes publiques et sociales y perdront en assiette imposable, et la baisse autoritaire des prix est plus facile à décréter et à appliquer aux salaires publics voire au secteur privés qu’à faire respecter pour la plupart des prix à la consommation mais aussi pour les mensualités de crédit accession à la propriété ou à la consommation pour ne parler que des ménages. Comment réduire ces charges d’intérêt vis-à-vis de banques qui ont beaucoup emprunté à un taux donné sur les marchés auprès de résidents mais aussi de non résidents pour accorder ces crédits aux ménages mais aussi aux entreprises: la dette internationale privée serait-elle aussi touchée ?

Comment espérer voir des créanciers faire massivement l’échange de titres préconisé – 40% de décote, les 60% restants assortis d’intérêts différés mais garantis par un (ou deux ?) chef(s) de file dont on rappelle que le plus important ne sent pas forcément en charge de l’avenir du groupe, en tout cas pas à n’importe quel prix… et que le second, si la question se posait vraiment lui, pourrait se trouver devant les mêmes difficultés … à supposer qu’il en ait les moyens financiers …

Les risques juridiques (inconstitutionnalité) et politiques majeurs pourraient faire douter les créancier de franchir le pas et procéder à cette conversion tant ils pourraient douter de l’indéfectibilité de l’engagement pris. Et d’ailleurs pourquoi faire ce saut maintenant alors que de facto avec le plan de 750 milliards d’euros ils sont garantis à 100 % pour les encours actuels et que de surcroît les inquiétudes présentes leur permettent d’exiger des primes de risques très élevées, d’alimenter de fructueux arbitrages sur le marché des CDS, alors que ces Etats ne feront pas défaut – à l’exception éventuelle du cas très particulier de la Grèce- mais qui ne pèse pratiquement pas dans la dette globale de la zone euro. On peut même penser que la prime de risque pour 100 % des financements nouveaux resterait forte même avec 60 % garantis dans la mesure où le risque marginal sur les 40% additionnels (« honorée que si les réformes marchent ») n’est pas réellement maitrisé et qu’une signature s’apprécie dans sa globalité et éventuellement celle de ses garants.

Certes, ces Etats de la périphérie – à géométrie très variable - pourront traîner 10 ans et plus avant d’absorber réellement les effets de la crise, à l’instar du Japon. Ils essaieront ainsi de réduire très progressivement leur insuffisante compétitivité en reconduisant politiques de rigueur sur politiques de rigueur,mais les dettes seront honorées ; les efforts seront pour l’essentiel portés par les services publics et les ménages des différents pays concernés. Car il faut croire en effet que l’euro, comme la femme de César, ne peut pas rester la monnaie du cœur de la zone sans être insoupçonnable. Les marchés peuvent donc, me semble t-il, continuer à jouer leur jeu actuel pendant de nombreuses années.
        
Les observations et questions énoncées ci-dessus le sont sans doute par manque de compétence et d’informations complémentaires, sans doute de mon fait.

Elles ne visent aucunement à dénigrer l’idée forte que comporte cette proposition et que je partage, à savoir « faire participer les investisseurs privés au financement et aux risques des réformes ». Comme l’auteur, j’aimerais pouvoir dire que « c’est je crois beaucoup mieux que les plans de rigueur d’aujourd’hui - aveugles et sans espérance ».


Peut-être voudra t-il nous en dire davantage ? Peut-être que d'autres analyses de lecteurs pourraient venir compléter ces questionnements ou au contraire aider à nourrir la proposition de Jacques Delpla.

Liens externes: 


Jacques Delpla "Europe : échange dette "bleue" et dettes "rouges" contre réformes" / Blog LesEchosnoclastes

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