MichelCastel.com

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Tag - éthique financière

Fil des billets - Fil des commentaires

lundi, 20 février 2012

Six engagements en matière financière



 Article rédigé par Gérard Béduneau, Michel Castel, Bruno Gizard et Hubert de Vauplane .


et publié dans  le "Rapport Moral sur l'Argent dans le Monde", édition 2011-2012

            La lutte contre la criminalité et les délits financiers
         Grands enjeux de la crise financière 

      Télécharger l'article 

                                                                       ***
Les auteurs relèvent que l’application des règles prudentielles et de la réglementation en matière de déontologie financière ne suffit pas aujourd’hui pour mettre la finance au service du « bien commun ».
Ils appellent ainsi, dans une sorte de manifeste, tous les professionnels de la finance, à titre individuel et collectif, à respecter dans leur activité professionnelle un certain nombre de principes éthiques de portée générale.

Assortis de pistes de mesures concrètes pour leur application, ils proposent six principes proscrivant notamment la mise sur le marché de produits sans utilité sociale avérée, ou de produits que l’établissement vendeur n’achèterait pas lui-même, ou encore la vente de produits à un prix différent de celui auquel l’établissement serait prêt à les racheter. Dans le même esprit, le financier s’interdirait de faire usage de produits ou de techniques dont il ne serait pas en mesure de maîtriser les effets, d’exploiter la faille réglementaire qu’il aurait perçue, ou encore de réaliser à l’étranger des opérations que ne permet pas la législation de son pays.


Parmi les pistes de mesures concrètes, on citera :


Pour les professionnels :


-    l’exigence d’un surcroit de fonds propres ou d’un contrat d’assurance pour tous les opérateurs pratiquant le trading de haute fréquence ;
-    l’obligation de conserver une part significative des risques (20 %) aux établissements titrisant leurs crédits ;
-    la production d’une annexe aux rapports annuels indiquant que les établissements concernés ont bien effectué les diligences nécessaires pour respecter le principe de ne pas réaliser d’opération(s) à l’étranger que ne leur permettrait pas la législation de leur pays ou, à tout le moins, les normes de l’OCDE.

Pour les régulateurs :

 L’obligation morale d’appliquer le principe de précaution aux termes duquel les acteurs financiers ne devraient pouvoir recourir à grande échelle à de nouveaux produits ou techniques qu’après qu‘elles en aient mesuré l’impact possible et édicté les dispositions juridiques, comptables, fiscales et prudentielles appropriées.


 

lundi, 21 novembre 2011

"justice et paix ": une bonne idée, une occasion manquée ?

Liberté politique.com - article de Pierre de Lauzun  ( 11/11/2011) 

Décryptage

 

Après les excellents articles de Thierry Boutet et de Jean-Yves Naudet, je reviens sur le texte du Conseil pontifical ‘Justice et Paix’ de fin octobre  2011 (‘Pour une réforme du système financier et monétaire international dans la perspective d’une autorité publique à compétence universelle’) [1], notamment sous l’angle des proposions concrètes.

mon commentaire :


Je partage presque complètement toutes les observations de Pierre de Lauzun. Le seul point sur lequel je ne le rejoins pas est la taxation des transactions financières. Il est favorable à une taxation des résultats. Je pense qu’il est préférable de retenir une assiette plus ciblée, avec une taxation différenciée selon l'utilité des transactions opérées. Ainsi les opérations pour compte propre, les prises de position sur CDS à nu, le trading à haute fréquence par exemple seraient fortement taxés alors que ne le seraient pas la couverture d'un risque de taux ou de change faite en contrepartie d’opérations réalisées pour des clients non financiers.


Le Conseil aurait fait oeuvre beaucoup plus utile, selon moi, si elle avait dénoncé notamment l'objectif toujours en vigueur de 15 % de rendement des fonds propres dans la plupart des sociétés cotées, dont les banques, même quand ces dernières sont aussi fragilisées qu'aujourd'hui et qu'elles réduisent leurs bilans au risque de moins financer les entreprises et taillent dans les effectifs ! Tout juste si ces dernières concèdent qu’elles ne pourront pas atteindre tout de suite ce chiffre mais que leur objectif est un retour sur fonds propres de 12 à 15 % d’ici 2013 (HSBC - les Echos du 10 novembre par exemple), ou qu’elles visent une rentabilité comprise entre 12 et… 17 % dès 2013 ! (UBS- les Echos du 18 novembre).


Demander avec force un retour sur fonds propre beaucoup plus raisonnable (autour de 7 à 8 % pour donner un ordre de grandeur) est pourtant un discours essentiel à tenir pour rapprocher les conditions de fonctionnement de la finance de l'économie réelle qui ne permet absolument pas 15% de rendement des fonds propres de façon permanente et généralisée surtout actuellement.
En effet, avec des PIB qui progressent aujourd’hui - quand ils progressent- de 1 à 2 % dans les pays développés et de 7 % environ chez les pays émergents, 15 % de rendement (et plus comme cela a été le cas entre 2000 et 2008 ; une grande banque européenne s’était fixé un objectif de 25 % en2006 !), il n’est étonnant que les circuits de financements dysfonctionnent et entrainent de ce fait toutes les économies dans leur sillage quelques mois après… et ce pour de longues années.
Au Moyen Age, la Chrétienté avait condamné les prêts usuraires. Aujourd’hui il lui faut avoir un même discours fort sur des rendements sur fonds propres qui veulent généraliser une exigence incompatible avec l’économie réelle et plus généralement le bien commun. On n’est pas loin d’une nouvelle forme d’usure …

mardi, 7 juillet 2009

La lettre encyclique Caritas in Veritate de Benoît XVI

encyclique Caritas in Veritate de Benoît XVI

Les Echos- [ 07/07/09  -


Le souverain pontife insiste sur "l'urgence de la réforme de l'Organisation des Nations Unies comme celle de l'architecture économique et financière internationale" dans ce texte de 150 pages intitulé "Caritas in veritate" qui fait le tour des questions posées à la société actuelle. 


Mon commentaire : 


Après 2 ans de silence quasi total sur la crise cette Encyclique est plus que bienvenue.Avec force elle se prononce sur:

- "l'urgent besoin" d'une autorité mondiale,
- un nouveau rôle pour les Etats dans la mondialisation
- réglementer l'exploitation des ressources non renouvelables,
- consacrer une part plus grande du PIB des pays développés au développement,
- avoir une gestion humaine de la migration; développer un tourisme responsable...
C'est important de parler de la responsabilité sociale de l'entreprise; de la place du don à l'intérieur de l'activité économique normale...

Mais pourquoi ne pas avoir dénoncé précisément les exigences de rendement intenables de 15 % et plus exigés par les actionnaires institutionnels et de s'en tenir à un discours intéressant mais largement utopique "que toute l'économie et toute la finance soient éthiques"?

Pourquoi des propos précis sur certaines questions et un discours très général sur les profits? Pourquoi deux poids, deux mesures ?

Lien proposé : la lettre encyclique Caritas in veritate