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lundi, 20 février 2012

Six engagements en matière financière



 Article rédigé par Gérard Béduneau, Michel Castel, Bruno Gizard et Hubert de Vauplane .


et publié dans  le "Rapport Moral sur l'Argent dans le Monde", édition 2011-2012

            La lutte contre la criminalité et les délits financiers
         Grands enjeux de la crise financière 

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                                                                       ***
Les auteurs relèvent que l’application des règles prudentielles et de la réglementation en matière de déontologie financière ne suffit pas aujourd’hui pour mettre la finance au service du « bien commun ».
Ils appellent ainsi, dans une sorte de manifeste, tous les professionnels de la finance, à titre individuel et collectif, à respecter dans leur activité professionnelle un certain nombre de principes éthiques de portée générale.

Assortis de pistes de mesures concrètes pour leur application, ils proposent six principes proscrivant notamment la mise sur le marché de produits sans utilité sociale avérée, ou de produits que l’établissement vendeur n’achèterait pas lui-même, ou encore la vente de produits à un prix différent de celui auquel l’établissement serait prêt à les racheter. Dans le même esprit, le financier s’interdirait de faire usage de produits ou de techniques dont il ne serait pas en mesure de maîtriser les effets, d’exploiter la faille réglementaire qu’il aurait perçue, ou encore de réaliser à l’étranger des opérations que ne permet pas la législation de son pays.


Parmi les pistes de mesures concrètes, on citera :


Pour les professionnels :


-    l’exigence d’un surcroit de fonds propres ou d’un contrat d’assurance pour tous les opérateurs pratiquant le trading de haute fréquence ;
-    l’obligation de conserver une part significative des risques (20 %) aux établissements titrisant leurs crédits ;
-    la production d’une annexe aux rapports annuels indiquant que les établissements concernés ont bien effectué les diligences nécessaires pour respecter le principe de ne pas réaliser d’opération(s) à l’étranger que ne leur permettrait pas la législation de leur pays ou, à tout le moins, les normes de l’OCDE.

Pour les régulateurs :

 L’obligation morale d’appliquer le principe de précaution aux termes duquel les acteurs financiers ne devraient pouvoir recourir à grande échelle à de nouveaux produits ou techniques qu’après qu‘elles en aient mesuré l’impact possible et édicté les dispositions juridiques, comptables, fiscales et prudentielles appropriées.


 

lundi, 26 décembre 2011

Le privilège exorbitant conféré par la France à 4 agences de notation

Le Cercle-Les Echos -23/12/2011 | Dominique Doise

Nous nous plaignons de la tyrannie des agences de notation. La France leur a, pourtant octroyé, sans contreparties apparentes, d’insensés privilèges qu’il faut supprimer sans tarder.

mon commentaire :

Dominique Doise, très heureusement,  montre par un exemple concret l’importance qu’il y a à mener des analyses détaillées de la réalité.

En effet, il y a les grands discours et derrière ceux-ci la réalité, à savoir bien souvent des décisions techniques prises sans recul, en sacrifiant aux modes, et qu’il est bien difficile de modifier une fois qu’on les a prises… alors que dans le même temps on crie plus fort qu’avant  son indignation ! A droite comme à gauche d’ailleurs.

Si les experts, là où ils sont, faisaient connaitre de telles contradictions, peut-être que les opinions dites éclairées le seraient vraiment et que l’opinion publique en général en aurait quelques échos pour le plus grand bien du pilotage de la chose publique.   

mardi, 1 juin 2010

Retour sur la titrisation


Le Cercle-  Les Echos-
publié le 31/05/2010   par Mory Doré

Mise en perspective des avantages et des inconvénients de ce que l'on appelle la titrisation

mon commentaire :


Votre présentation analyse bien les avantages et les inconvénients de la titrisation telle qu'elle a été pratiquée et qu'elle continue à l'être. Elle montre que cet instrument utile en temps  calme sur les marchés ou dans les économies réelles peut devenir extrêmement dangereux en période de fortes turbulences sur les terrains précités, sans même évoquer des inquiétudes de type politique vis-à-vis d'un grand pays ou d'une zone géographique.


S'il est  tout à fait souhaitable que la titrisation joue un rôle significatif, il est essentiel que la révision de Bâle 2 en la matière prenne bien un compte et suffisamment les risques qu'elle laisse aux cédants, aux refinanceurs (problème de liquidité, de risque commercial ou d'image mais aussi souvent de valorisation tant les banques se trouvent être aussi globalement parmi les principaux porteurs de ces créances cédées, ou de  risques qu'elles comportent par le biais de prises de positions sur des dérivés de crédit).
Il importe aussi que les stress tests qui peuvent être demandés par les autorités prudentielles des banques et des assurances  incorporent bien les effets de richesse, voire de liquidité, que toute dévalorisation forte - et on a vu ce que cela pouvait vouloir dire- peut avoir sur le comportement des entreprises et des ménages. Ce point sera de plus en plus crucial dans la mesure où  la titrisation n' a pas pour vocation à laisser finalement l'essentiel du risque au sein de la sphère financière mais à largement l'extourner aux agents économiques finaux par ailleurs de plus en plus demandeurs de titres. La crise de 2007/2009 ne lui en a pas laissé le temps, mais à moyen terme  cette tendance devrait prévaloir, surtout si les contraintes prudentielles mordent de plus en plus et sur un cercle élargi d'intermédiaires.
Pour trouver un bon équilibre entre ce qu'il est bon de titriser et ce qui devrait rester dans le bilan des banques , il paraitrait judicieux de ne permettre de titriser que les crédits dont la durée de vie résiduelle ou la durée totale ne dépasse pas quelques années. Autant le marché peut être efficace pour gérer des créances (en fait des crédits pour l'essentiel) et donc pour alléger les bilans bancaires lorsqu'elles ont 3 à 5 ans d'échéance, autant cela devient une véritable gageure pour des crédits à 10- 15 -20 ans ou plus ... surtout avec une valorisation valeur de marché - incontournable- qui hypertrophie les conséquences du moment pour des crédits qui peuvent courir sur plusieurs cycles économiques, pendant une vie professionnelle, une ou deux révolutions techniques. .. Pour ces financements très longs  on n'a rien fait de mieux que la mutualisation des risques par les banques.


Un dispositif transitoire serait à trouver pour que ces mesures de prudence ne nuisent pas à la production de crédits nécessaire à la sortie de crise. Les 5 % des crédits titrisés à conserver que les autorités viennent de préconiser et qui sont dérisoires en longue période, peuvent jouer ce rôle. Mais ce pourcentage - variante de la durée restant à courir évoquée précédemment- n'aura de sens que si progressivement il monte pour avoisiner  20 à 25 % deux ou trois  ans après la sortie de crise.      

v

mardi, 18 août 2009

"le G20 a manqué sa cible"

André Orléan : "le G20 a manqué sa cible"
La Tribune.fr - 18/08/2009

Chaque jour, cet été, nous interrogeons un grand témoin de l'actualité sur sa vision de l'après-crise.

Aujourd'hui, pour  André Orléan, un monde nouveau suppose une remise en cause radicale de la finance de marché, l'abandon de la recherche du rendement maximal et des sociétés moins inégalitaires.


 Mon commentaire :

 Je partage complètement les avis de ceux qui saluent la pertinence de l'analyse et partagent les doutes d'André Orléan sur la médication prônée par le G.20.
 Je ne le suis pas complètement par contre sur l'idée d'un retour au cloisonnement des acteurs de la finance.

. L'auteur préconise, comme plusieurs économistes, un retour notamment au Glass Steagall act(loi qui a séparé banques commerciales des banques d'investissement aux USA en 1933) J e n'y crois pas pour deux raison : 1- depuis 15 ans les banques commerciales classiques -même les mutualistes- ont énormément développé les activités de marché et 2- depuis la crise presque toutes les banques d'investissement sont passées sous le contrôle des banques commerciales. Le ver est donc bien dans le fruit !!•
Ce qui amplifie formidablement la spéculation et la course au rendement des fonds propres est le recours au compte propre par les intermédiaires financiers bancaires ou non bancaires. Ce qu'il faudrait proposer c'est que le G.20 prenne une position de principe pour limiter progressivement le poids du compte propre dans le chiffre d'affaires et les risques pris par ces professionnels, surtout quand ils sont soumis à une réglementation prudentielle. Utile pour équilibrer les marchés entre acheteurs et vendeurs de risques de crédit, de taux, de change, le compte propre est devenu totalement déconnecté du réel et a permis et permet toujours en pleine crise d'extérioriser des résultats (et des bonus !) mirifiques par le département BFI (banques de financement et d'investissement) des banques , sauf en cas de crise des marchés bien entendu... mais là, les Etats sont là pour les renflouer ...

 • Il faudrait aussi que le G.20 préconise la limitation du volume de ce qui peut être titrisé (crédits rendus négociables) : en la matière il s'agirait de ne permettre la titrisation que des dernières années d'un crédit (3 à 5ans) pour responsabiliser fortement le prêteur (les 5% des crédits devant être conservés envisagés par les régulateurs sont une douce plaisanterie) et ne mettre ainsi sur le marché que des produits à des horizons gérables par les marchés (3 à 5 ans par exemple). C'est bien le rôle en effet des professionnels du risque que d'apporter leur puissance financière et leur expertise pour allouer au mieux les financements, pour gérer les risques de défaillance des emprunteurs, le risque de taux et/ou de change, pour lesquels les agents non financiers sont généralement démunis. Ce n'est plus le leur que d'introduire sciemment des risques additionnels qui devront être socialisés s'ils tournent mal ...sauf à provoquer un effondrement des économies.

samedi, 8 août 2009

On incite les traders à prendre des risques

Marianne
interview par Alexandra Combe

08 Août 2009

http://http://www.marianne2.fr/On-incite-les-traders-a-prendre-des-risques_a181735.html?com#comm...




Les bonus de la BNP polarisent l'attention. Et les réactions fusent. Alexandra Combe en a cueilli quelques unes au passage.

 Voici celle de Colette Neuville, présidente de l'Association de défense des actionnaires minoritaires (ADAM). Pour elle le problème du capitalisme se pose au niveau mondial. Les interventions du gouvernement ne servent à rien. La prochaine échéance, c'est le G20.


extrait : "Faut-il une intervention du gouvernement pour mettre fin à ce genre de pratiques de la part des banques ?
Ce ne serait pas efficace. Le problème se pose au niveau mondial et ne peut trouver de solution que dans une régulation mondiale adaptée. C’est de la compétence du prochain G20. "


18. Posté par Michel Castel le 08/08/2009

Je partage complètement l'analyse de Colette Neuville.

Plus que les bonus en soi, ce sont les activités de marchés qui, par le développement considérable des prises de position pour compte propre par les banques notamment, multiplient par10, voire davantage (avec les produits dérivés), les transactions entre financiers réalisées à partir d' un seul financement initial. Elles permettent de réaliser des marges ou des plus-values instantanées aussi colossales... alors que cela optimise très peu le financement des économies et la gestion des risques. Elles permettent des rentabilités (et des bonus au passage) beaucoup plus élevées que celles réalisées par la banque classique qui collecte des dépôts et accorde des crédits.

il serait indispensable que le G.2O énonce le principe de réduire progressivement l'importance des opérations pour compte propre. Utiles pour équilibrer les positions des agents économiques acheteurs et vendeurs de risques, ces opérations pour compte propre devraient toutefois être plafonnées par rapport au niveau des fonds propres et ce indépendamment du respect des ratios prudentiels existants.Plus que la titrisation souvent accusée d'avoir déclenché la crise, c'est le compte propre qui en a été l'amplificateur et qui demeure le principal risque pour la robustesse du système financier et le principal frein pour un meilleur équilibre entre le marché des capitaux et le crédit..


53. Posté par Michel Castel le 10/08/2009



suite aux commentaires 51 et 52 :

Vous préconisez comme plusieurs économistes un retour au Glass Steagle act (loi qui a séparé banques commerciales des banques d'investissement -c'est à dire banque de marché en 1933)

.J e n'y crois pas pour deux raisons :

 1- depuis 15 ans les banques commerciales classiques -même les mutualistes- ont énormément développé les activités de marché et
2- depuis la crise presque toutes les banques d'investissement sont passées sous le contrôle des banques commerciales. Le ver est donc bien dans le fruit !!

Aussi je propose que le G.20 prenne une position de principe pour limiter progressivement le poids du compte propre.
Certes cela ne suffira pas à stopper la spéculation, mais le compte propre (cf 18) est devenu considérable dans la stratégie et les résultats mirifiques des BFI (banques de financement et d'investissement) des grandes banques - sauf en cas de crise bien entendu... mais là les Etats sont là pour renflouer ...

Il faudrait aussi limiter le volume de ce qui peut être titrisé (crédits rendus négociables) : en la matière il s'agirait de ne permettre la titrisation que des dernières années d'un crédit (3 à 5ans) pour responsabiliser fortement le prêteur (les 5% prévus sont de la rigolade) et ne mettre ainsi sur le marché que des produits à des horizons gérables par les marchés.

Ainsi limiter très fortement le compte propre ne supprimera pas les risques de marché c'est vrai ni de tarir les bonus. Mais ces risques et bonus me gênent beaucoup moins, ils sont la contrepartie utile voire nécessaire de risques générés par des opérations réalisées avec des clients finaux (entreprises, ménages, états, collectivités locales).

C'est bien le rôle en effet des professionnels du risque que d'apporter leur puissance financière et leur expertise pour gérer les risques de défaillance des emprunteurs, le risque de taux et/ou de change, pour lesquels les agents non financiers sont généralement démunis.










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