MichelCastel.com

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Mot-clé - Placement près des ménages

Fil des billets - Fil des commentaires

jeudi, 20 octobre 2011

Les banques US face à la Grèce, une exposition gérable

L' Echo- 19 octobre 2011

   

Les grandes banques américaines ont profité de la publication de leurs résultats pour annoncer leur exposition à l'Europe, et plus particulièrement la Grèce, qu'elles assurent gérable.

mon commentaire :

Les banques américaines ont des créances sur les Etats de l'Union Européenne mais disent s'être très largement couvertes. On ne peut pas imaginer que leurs contreparties soient des banques européennes... Celles-ci ont dû également se couvrir ou alors elles ne vivent pas sur la même planète.

Alors qui sont les contreparties? Ou est passé le mistigri ? Qui joue des prises de position spéculatives pour amplifier les possibilités de gains et qui a vraiment pris ces risques pour de bon en espérant que les contribuables paieront ? Pourvu que derrière eux ce ne soit pas en partie des produits d'épargne détenus par des ménages et gérés par des institutionnels qui les portent. Sinon ces gestionnaires leur révéleront le résultat dans quelques mois au vu des chiffres de fin d'année. S'ils y gagnent en rémunération c'est eux comme contribuables qui auront payé ce surplus ! S'ils perdent parce que les couvertures vendues seront actionnées, ils paieront deux fois, et comme épargnants et comme citoyens car leurs économies seront durement touchées.

lundi, 17 mai 2010

La dette publique n'est pas tout l'endettement

  Le Cercle- Les Echos - publié le 14/05/2010 -

résumé :

Pour un pays l'endettement intérieur total et le niveau de l'épargne nationale importent plus que la seule dette publique. L'envol de cet endettement total partout depuis 15 ans ne peut pas être résorbé en 3 ans et par la réduction de la seule dette publique. Il faut des mesures conservatoires pour maitriser à moyen terme ce désendettement.

                                                                      *****

Pour un pays l'endettement intérieur total et le niveau de l'épargne nationale importent plus que la seule dette publique. L'envol de cet endettement total partout depuis 15 ans ne peut pas être résorbé en 3 ans et par la réduction de la seule dette publique. Il faut des mesures conservatoires pour maitriser à moyen terme ce désendettement.

A quand la dégradation généralisée des signatures  de presque tous les pays de l'OCDE  (Allemagne, Canada, Australie, Corée exceptés) ? A quand l’implosion de l’euro et une crise aussi grave que celle des années 30 ? On oserait presque dire tout cela seulement parce que  les dettes publiques s’envolent partout, et à ce titre la zone euro inquiète tout particulièrement, et ce suite à 3 ans de crise majeure partout sauf en Chine et dans quelques pays émergents. Pourtant il faudrait se rappeler quelques données de base.

Se focaliser uniquement sur les dettes publiques, c’est oublier ce qui compte vraiment pour mesurer l’endettement d’un pays, à savoir  le total de l'endettement de l'ensemble des agents économiques de ce pays et son évolution... alors qu’ observateurs,  analystes,  et marchés se focalisent presque uniquement sur la dette publique ; la dette brute de surcroît ! C'est aussi le fait de disposer ou non d'assez d'épargne nationale pour couvrir l'ensemble de ces besoins ne pas trop dépendre des capitaux étrangers. De ce point de vue des pays comme le Japon et la France se tiennent encore bien avec une épargne nationale abondante. On ne peut pas en dire autant des Etats-Unis ni du Royaume-Uni notamment.

Quelques chiffres donc d’endettement intérieur total pour quelques pays : à mi 2009, la dette totale du Japon était de 345% du PIB (!), celle du Royaume-Uni de 242%, celle des Etats-Unis de 234%, alors que celle de la France était de 192%, juste derrière l'Allemagne qui était à …190%.  Sur la période juin 2008/ juin 2009  suite à la crise, la dérive de l'endettement total a été de 11% du PIB pour l'Allemagne, de 13 % pour les Etats-Unis, de 17% pour la France et le Royaume-Uni, de 21% pour le Japon.Entre juin 2008 et juin 2009 ( les chiffres à fin 2009 ne sont pas publiés) dans la zone euro l'endettement total de tous les agents est passé de 197,5 % du PIB  à 214,4 % soit un alourdissement de 16, 9 points dont 10,1 points au titre des dettes publiques.
Au total les écarts se creusent, mais restent dans le domaine du gérable si des politiques responsables et coopératives sont engagées.

Au-delà de ces chiffres actuels, il est également important de rappeler qu’il y a 15 ans l’endettement total d’aucun pays ne dépassait 150% du PIB, et était de l’ordre de 100% pour la France et l’Allemagne. Qui s'est inquiété de cette dérive majeure au cours de cette période ? Les analystes, les agences ? Les marchés ? Les politiques ? Les régulateurs ? Le FMI ? Qui plus est, ces dettes sont devenues de plus en plus négociables sur les marchés avec des effets de levier se généralisant et aggravant ainsi la volatilité et les risques de contreparties ; le tout dans une déresponsabilisation largement applaudie si ce n’est orchestrée.

C’est ainsi que les dettes publiques sont  presque toutes entièrement négociées sur les marchés, alors qu’à peine la moitié l’était dans la plupart des pays il y a 15-20 ans. Il est plus qu’urgent de ne pas oublier ces deux données :

  • avoir une vision globale des endettements qui relativise sans le nier le poids des dettes publiques;
  • ne pas oublier qu’on ne peut pas inverser en 2 ou 3 ans 15 ans d’évolutions des endettements aussi majeures et aussi contraires à ce que tous les pays sont aujourd’hui obligés d’engager.
  • Il faudra faire du désendettement (mais jusqu’où ? les réflexions et travaux manquent cruellement  en la matière). Mais il faut le faire en  donnant du temps au temps, en stimulant les moyens d’une croissance durable pour en faciliter la réalisation. Dans l’attente, il faut desserrer les contraintes financières pour les dettes publiques de la zone euro.
  • Au-delà des décisions européennes du week-end  et en limitant au maximum les achats directs de ces dettes par la BCE pour ne pas nuire à la crédibilité de l’euro, il faudrait stabiliser les portefeuilles de titres publics européens détenus par les acteurs financiers européens (on ne peut rien pour les non-résidents) pour que les 750 milliards ne s’avèrent pas insuffisants dans les 3 ans à venir pour les pays de la zone euro (mais aussi possiblement pour le Royaume-Uni qui bien que n’ayant pas participé et n’étant pas dans la zone euro ne devrait pas être laissé à lui-même si on veut que l’Union Européenne n’apparaisse pas comme morte aux yeux de l’étranger). Il faudrait aussi relancer l’émission de bons du Trésor et d’obligations directement auprès des  ménages européens dont l’épargne est globalement très abondante, Voire si leur confiance est en partie  érodée comme en Grèce, passer par un emprunt  obligatoire. On a bien eu un impôt sécheresse… les enjeux sont d’une tout autre ampleur et les inconvénients politiques qu’il représenterait ne doit pas faire flancher les gouvernements.

jeudi, 22 avril 2010

La France se prononcera fin avril sur des poursuites contre Goldman Sachs

Le Figaro.fr - 21/04/2010

L'affaire Goldman Sachs n'aurait pas de retombées en France à première vue, a indiqué la ministre de l'Economie Christine Lagarde. Mais l'Autorité des marchés financiers, le gendarme de la Bourse, se penche sur le dossier.


Dans un commentaire  un lecteur a écrit :"Du côté des établissements français, on en est encore à se demander si on va sortir les cadavres du placard au risque de "passer pour des billes" ou si on va les laisser planqués avec l'espoir de passer pour les meilleurs banquiers du monde. Officiellement, chez nous donc, pas de victimes !"

  réaction à ce commentaire :

bien vu !

Et puis que dire si même les professionnels se font avoir sur des produits aussi clairement toxiques !

Comment réclamer en permanence que les épargnants de base soient formés aux choses financières pour éviter les pièges et/ou investir davantage dans des titres si les professionnels se font ainsi avoir ?

Leur protection, toute relative d'ailleurs, ne suffit pas pour protéger l'épargne. Les professionnels n'ont pas à être protégés dit-on. Soit, mais alors il faudrait les responsabiliser pécuniairement car agissant comme investisseurs institutionnels mandatés pour gérer l'épargne des ménages ils ne sont intéressés aujourd'hui qu'aux plus-values et jamais aux moins-values.

lundi, 15 mars 2010

Après la Grèce, le Portugal est dans la ligne de mire des agences de notation


La Tribune 11/01/ 2010

L'agence de notation Moody's a annoncé une possible dégradation de la note du Portugal suite à la dégradation de ses finances publiques, selon le Financial Times de ce lundi. Après les sanctions contre la Grèce, les pays européens sont alertés sérieusement sur l'état de leurs déficits.

mon commentaire :

Le déficit public portugais est de 7,7% du PIB, sa dette publique de 77%. Le déficit français est de 8% et la dette est de 79 % du PIB;et sera sans doute de 84% à fin 2010 selon les prévisions. A quand des menaces de dégradation de la signature de presque tous les pays de l'Union (l'Allemagne exceptée) et celle des USA?

Qui sont ces imprécateurs qui crient au feu ? Certes les Pouvoirs publics doivent se montrer particulièrement responsables dans leur action vis-à-vis des déficits publics mais ce n'est pas une raison pour tout confondre et faire des amalgames très dangereux pour le plus grands profit des opérateurs financiers. Plus que la dette publique, ce qui compte vraiment pour un pays c'est le total de l'endettement de l'ensemble des agents économiques de ce pays et son évolution... même si observateurs et marchés se focalisent presque uniquement sur la dette publique (brute de surcroît !). C'est aussi le fait de disposer ou non d'assez d'épargne nationale pour ne pas trop dépendre des capitaux étrangers pour couvrir l'ensemble de ces besoins. De ce point de vue la France se tient encore bien, même si la crise détériore la situation ... comme dans tous les pays.

Faisons un petit tour d'horizon : à mi 2009 la dette totale du Japon est à 345% du PIB (!), le Royaume-Uni à 242%, les Etats-Unis à 234%, alors que la France est à192% juste derrière l'Allemagne qui est avec 190%.

Il y a 15 ans aucun de ces pays ne dépassait 150% du PIB !! Qui s'en est inquiété à l'époque juste avant la crise de 2007 ? Et sur la période juin 2008/ juin 2009 la dérive de l'endettement total a été de 11% du PIB pour l'Allemagne, de 13 % pour les Etats-Unis, de 17% pour la France et le Royaume-Uni, de 21% pour le Japon. Les agents privés ont généralement réduit ou stabilisé leur endettement pendant cette période mais ce sont les Etats qui ont dû s'endetter pour contrecarrer les conséquences de la crise financière en évitant l'effondrement des banques puis des économies. C'est parce que les marchés nous ont emmenés dans le mur que tous les Etats ont dû jouer les pompiers et se trouvent maintenant totalement dans la main des marchés ! Les dettes publiques sont en effet presque toutes entièrement négociées sur les marchés, ce qui n'était pas le cas il y a encore 15-20 ans.

A nouveau maîtres du jeu, les marchés peuvent ainsi augmenter le coût des dettes publiques et tester notamment la solidarité réelle entre les pays de l'U.E, voire même celle entre les pays de la zone euro. L'irréparable, à savoir une cassure de l'Union Européenne n'est pas leur problème. Quant à la solidarité de l'Union : oui elles existent et est proclamée... jusqu'à un certain point. Dans la réalité celle-ci a été plus que mesurée au début de 2009 pour soutenir les membres rentrés en 2004 si bien qu'ils ont dû faire appel au FMI. Une cassure au sein de la zone euro ne peut même pas être exclue quoi qu'on dise pour rassurer. Le traité de Maastricht, les statuts de la BCE ne favorisent pas en effet la solidarité, loin s'en faut, et la crise perdurant le chacun pour soi redevient une tentation. Cassure entre les pays qui pourraient rester ancrés à un euro fort et devenant d'ailleurs encore plus fort après ce délestage) et les pays en sortant plus ou moins volontairement ( le chef de l'Etat italien avait déjà brandi cette menace il y a deux ans alors que l'Italie n'était pas parmi les pays les plus menacés ). Ce serait économiquement une folie certes, mais les peuples et leurs dirigeants se sont t-ils toujours conduits uniquement en fonction de la raison dans l'histoire ?

L'urgence serait de réduire la dépendance des Etats vis-à-vis des marchés en réduisant fortement le poids de la dette négociable sur ces marchés comme cela était encore le cas il y a une quinzaine d'année dans la plupart des pays. L'épargne des ménages (abondante) avec l'offre de l'équivalent de bons sur formule et l'établissement dans chaque pays d'un plancher de bons du trésor chez les banques (en fonction de leurs dépôts) peuvent en être les instruments.

dimanche, 7 février 2010

Les marchés financiers américains attaquent l'euro

Suite à cet article de Jean Quatremer paru sur le site de Libération le 06/02/2010

Michel Castel a dit...

Après que tous les Etats aient dû jouer les pompiers ils se trouvent maintenant totalement dans la main des marchés! A nouveau maîtres du jeu, ils peuvent ainsi tester la solidarité réelle entre les pays de l'U.E, et même maintenant celle des pays de la zone euro. Une éventuelle cassure de l'Union Européenne n'est pas leur problème.

Quant à la solidarité de l'Union : elle existe et est régulièrement proclamée. Dans la réalité, celle-ci a été plus que mesurée au début de 2009 pour soutenir les membres rentrés dans l’Union en 2004, si bien qu'ils ont dû faire appel au FMI. Une cassure au sein de la zone euro ne peut même pas être exclue quoi qu'on dise pour rassurer. La solidarité forcément plus forte dans la zone euro – ne serait-ce qu’en raison de l’imbrication très forte des économies. Mais le traité de Maastricht, les statuts de la BCE ne favorisent pas l’expression de cette solidarité, loin s'en faut, et la crise perdurant le chacun pour soi redevient une tentation. Le refus réitéré d’un emprunt européen en est une des illustrations. L’euro pourrait perdurer mais en s’allégeant des pays les plus faibles.

Ce serait économiquement une folie certes, mais les peuples et leurs dirigeants se sont t-ils toujours conduits uniquement en fonction de la raison dans l'histoire ? L'urgence serait de réduire la dépendance des Etats vis-à-vis des marchés en réduisant fortement le poids de la dette négociable sur les marchés comme cela était encore le cas il y a 15-20 ans avant la marchéisation généralisée de la finance.

Il est urgent de favoriser : - le placement direct dans chaque pays de bons du Trésor négociables ou non, d’obligations auprès des ménages ; ménages européens qui, comme le Japon un fort taux d’épargne. Rome et maintenant Londres en ont vu l’intérêt. La stabilité de leur détention réduirait progressivement la volatilité inhérente à une détention totale par des opérateurs professionnels, largement non résidents de surcroit ; - le respecter d’un plancher de bons du trésor par les banques présentes dans chacun des pays de la zone (en fonction de leurs dépôts) et ce à des taux que la BCE pourrait arrêter ; cet emploi ne serait que la contrepartie du financement que les Etats ont dû faire à leur place depuis 2ans.
Cette mesure aurait sans doute plus de pertinence et d’effet que de vouloir taxer les banques : mimer sur ce point les USA – à supposer qu’on y parvienne – n’est pas forcément le dispositif le plus astucieux par rapport à nos problèmes respectifs. En effet il ne faut pas oublier que la BCE ne peut pas acheter directement de dettes publiques, contrairement aux banques centrales américaine et anglaise.

- page 1 de 2